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NIGER : La France refuse sa caution à Tandja
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Publié le 07/07/2009 00:58 par La Rédaction

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Photo : Tandja
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Au Gabon, le Parti démocratique gabonais (PDG), parti au pouvoir a rendu publique la liste des candidats a la candidature en vue de la présidentielle. Le candidat retenu sera connu mercredi prochain, après l'audition des postulants survenus lundi. Ils étaient dix à vouloir prendre le départ au titre du PDG. Parmi eux l'actuel premier ministre, Jean Eyeghe Ndong, le ministre de la défense Ali Bongo Ondimba, le ministre des mines et des hydrocarbures, Casimir Oyé Mba et le premier vice-président de l'assemblée nationale, Daniel Ona Ondo.

Ils ont été tous auditionnés lundi par les plus hautes instances du parti, à savoir les membres du comité permanent du bureau politique et les ceux du comité de concertation. Le consensus a été retenu comme mode de sélection. Plusieurs sources avaient prêté à M. Bongo fils l'intention de vouloir succéder à son père, mais lui-même ne l'a jamais publiquement indiqué. Ces derniers jours, les appels à sa candidature se sont multipliés à travers le pays. Un congrès extraodinaire est prévu à la fin du mois pour la présentation du candidat du PDG à l'ensemble des militants. 

Le candidat sera connu mercredi prochain.  Pour Faustin Boukoubi, secrétaire général du PDG, la démocratie est en marche au sein du Parti démocratique gabonais.  Le Gabon a entamé la transition le 10 juin, deux jours après l'annonce par Libreville du décès du président Bongo. Selon la Constitution, le chef de l'Etat intérimaire dispose de 45 jours au plus pour organiser une élection présidentielle, sauf cas de force majeure. Aucune date n'a encore été annoncée pour ce scrutin à un tour.

« La continuité ne passera pas ». Voilà un message qui se veut clair, et il a dû arriver aux oreilles du colonel Tandja, le maître du Niger. Le dimanche 5 juillet dernier, lors de la nouvelle mobilisation dans les rues de Niamey, il a encore pu se rendre compte que son projet de référendum du 4 août prochain pour doter le pays d’une nouvelle Constitution afin de se maintenir au pouvoir ne fait toujours pas l’unanimité.

 

Ah ! non, il ne faut pas croire que la situation politique va devenir très calme. Tant que Tandja persistera à aller jusqu’au bout, l’émeute grondera dans la rue. Mais, à un mois de son fameux projet, il semble imperturbable et sourd aux jérémiades des manifestants. Depuis qu’il a dissout la Cour constitutionnelle, il s’est arrogé tous les pouvoirs d’Etat.

Tenez-vous bien, il a poussé le cynisme jusqu’à suspendre à titre provisoire, les compétences de la Cour en matière constitutionnelle et électorale. De même, la haute juridiction se voit temporairement privée de ses prérogatives de contrôle de la régularité et de la transparence des référendums et élections politiques.

Pour démontrer que c’est lui qui gouverne le pays, il avait remanié le gouvernement, maintenant à son poste le Premier ministre, Seini Oumarou, et nommant huit nouvelles personnalités, appartenant toutes à des organisations qui soutiennent le projet de référendum constitutionnel. Et pourtant, la Constitution nigérienne dispose clairement que « les 7 membres de la Cour, élus pour 6 ans, sont inamovibles ».

Mais Tandja n’en a cure et tient à tout prix à s’accrocher fermement et illégalement au pouvoir. La bataille que mènent les démocrates dans ce pays est donc juste et cela prouve, comme le disait un journal ivoirien, que l’Afrique peut compter sur certains de ses fils, qui ont réalisé que les tripatouillages des Constitutions, avec la complicité bienveillante des hommes de loi, ne peuvent que nous conduire au désastre.

Au Niger, l’avenir est inquiétant. La preuve, le président Sarkozy l’a exprimé dans un message, lu par le président de l’Assemblée nationale aux participants à la 35e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Le contenu n’étant pas favorable à Tandja, on se demande si celui-ci aura le courage de revenir à la raison. Lisez ces propos du locataire de l’Elysée : « Aujourd’hui, la démocratie et les institutions sont directement menacées au Niger par un dévoiement de certaines dispositions constitutionnelles au service d’intérêts particuliers et non de l’intérêt général ».

Comme on le voit, c’est un désaveu, et la France refuse par là la caution à Tandja. Comble de malheur, son voisin, le Nigeria, menace de couper la production électrique et de fermer sa frontière avec lui. Bruxelles, lui, veut revoir sa coopération avec Niamey.

Que va faire Tandja maintenant que l’étau semble se resserrer autour de lui ? Un colonel, dit-on, ne recule jamais quel que soit le danger et préfère tomber au champ d’honneur. Le maître de Niamey veut certainement justifier qu’il n’a pas usurpé son grade et son projet est une nécessité absolue. Mais Dieu seul sait s’il ne court pas à sa perte.

Justin Daboné de l'Observateur

 
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