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Zimbabwe : la femme de Morgan Tsvangirai tuée dans un accident
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Publié le 07/03/2009 01:08 par La Rédaction

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Photo : Morgan Tsvangiraï
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L'épouse du Premier Ministre zimbabwéen Morgan Tsvangiraï a trouvé la mort dans un accident de voiture dans le Sud de Harare. La voiture du Premier Ministre est entrée en collision avec un camion. Voir les détails dans cet autre article de Continental News.

Depuis le 11 février 2009, Morgan Tsvangirai est aux commandes du gouvernement du Zimbabwe. C’est le fruit des négociations menées sous l’égide de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Le président Robert Mugabe s’est vu ainsi contraint à un partage du pouvoir avec le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le principal parti de l’opposition zimbabwéenne. Cet accord, faut-il l’indiquer, avait suscité de l’espoir çà et là. Une certaine opinion a même vite vu en cela un facteur de déblocage de la situation, complètement gelée depuis longtemps. C’est le cas de l’Union africaine et de l’Afrique du Sud qui se sont empressées, dès l’annonce de l’ouverture du gouvernement de coalition à Morgan Tsvangirai, d’appeler à la levée des sanctions contre le Zimbabwe.

Pendant ce temps, les partenaires étrangers, comme la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, eux, se sont réservés d’accorder leur confiance au gouvernement de coalition. Préférant attendre de voir comment cela fonctionnerait avant de décider de délier les cordons de la bourse.

Les quatre semaines qui se sont écoulées, depuis l’entrée en fonction de cet attelage, semblent avoir donné raison à ces pays d’avoir eu une dose de méfiance vis-à-vis du nouveau gouvernement. Car jusque-là, il est difficile d’affirmer que l’accord conclu sous la pression de la Communauté internationale a changé grand-chose dans cette crise aux conséquences innombrables.

En effet, l’arrêt des interpellations arbitraires et des persécutions politiques, l’une des clauses de l’accord qui a été conclu entre les différents protagonistes sous l’arbitrage de la SADC, n’est pas respecté jusque-là. Puisque dans les geôles zimbabwéennes croupissent présentement une vingtaine de militants des droits de l’Homme et des membres du Mouvement pour le changement démocratique, « accusés de complot ».

Parmi eux, le vice-ministre de l’Agriculture, Roy Bennett, appréhendé le 13 février dernier, soit le jour même de la prestation de serment du gouvernement de coalition. Mais y avait-il des illusions à se faire ? Car comme nous l’écrivions dans notre édition du 11 février 2008, le bonheur du peuple zimbabwéen est le moindre des soucis de Robert Mugabe et ses partisans.

La preuve, malgré les nombreuses crises (politique, économique, alimentaire et sanitaire) qui frappent le Zimbabwe, cela n’a pas empêché Robert Mugabe de dilapider plus de 200 000 dollars US, soit plus de 13 milliards de nos francs, pour fêter pompeusement son 85e anniversaire le 21 février dernier avec ses partisans à Chinhoyi, son village natal.

Au menu impérial, tenez-vous : « 80 vaches, 70 chèvres, 12 porcs et un gâteau géant de 85 kilos ». Pire, c’est à la faveur de cet évènement qu’il a demandé aux derniers fermiers blancs de quitter le pays. C’est dire que c’est malgré lui que « Papy Bob » a accepté de viser l’accord, sinon cet octogénaire n’est pas prêt à partager le pouvoir avec son rival, Morgan Tsvangirai. En tout cas, il ne semble pas près de mettre fin à sa pagaille.

C’est en cela qu’il faut saluer le président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Obama, qui, estimant que « le Zimbabwe n’avait toujours pas trouvé de solution à la crise politique qu’il traverse depuis des mois », a décidé, le 4 mars dernier, de prolonger les sanctions contre le pays.

En rappel, ces sanctions, qui devaient initialement expirer aujourd’hui, visent « l’interdiction pour plus de 250 personnes et entreprises du Zimbabwe de faire du commerce avec les Etats-Unis ». Ainsi, les autorités de Washington ont refusé de se laisser berner par cette ouverture de façade du dictateur Robert Mugabe. Un bel exemple de pression à suivre, notamment par l’Union africaine et la SADC, pour le bonheur du peuple zimbabwéen !

Hamidou Ouédraogo - L'Observateur

 
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