Les chrétiens sont désemparés. Ils espéraient que le Pape viendrait leur dire que l’Eglise va tolérer l’usage du préservatif. Raté. Tout juste descendu de l’avion, le Pape a redit - dans sa première déclaration - que l’Eglise était pour une sexualité humanisée et contre l’usage du préservatif qui, selon le Pape, ne fait qu’aggraver le problème du SIDA.
Où commence la santé publique et où s’arrête le religieux ? C’est la question à laquelle les Africains sont invités à cogiter, depuis que le Pape est arrivé en Afrique hier dans l’après midi. Précisément au Cameroun.
Selon les acteurs de la prévention et de la lutte contre la propagation du virus du sida en Afrique, l’ex Président Américain, G.W. Bush a investi massivement dans la prévention et le traitement du sida en Afrique et les résultats sont là. En Ouganda par exemple, un des premiers pays africains les plus touchés, les résultats seraient spectaculaires. Et, pour ses acteurs, la distribution gratuite des préservatifs y est pour beaucoup. Le message du Pape les laisse donc perplexes.
Le Pape a toujours dit que, la solution à la transmission du VIH passait par l’abstinence et la fidélité entre les partenaires. Deux notions totalement étrangères aux Africains qui pratiquent une sexualité anarchique. Effectivement, le premier facteur de propagation du sida en Afrique subsaharienne est la multiplication des partenaires. De ce point de vue, le préservatif ne permet pas aux Africains de s’engager dans un véritable changement de comportements sexuels.
Le Pape parle d’une humanisation de la sexualité
On ne peut pas se contenter de contester la position de l’Eglise, si on oublie l’universalité de son message sur la fidélité en amour et l’hygiène de vie. L’abstinence c’est comme le jeûne. Si vous pouvez jeûner, vous pouvez pratiquer l’abstinence. Le problème, c’est qu’en Afrique, on ne jeûne pas, car certains ne mangent déjà pas à leur faim. D’où l’autre question spirituelle : est-ce qu’on peut nourrir directement l’esprit, si le corps est faible et affamé ? Des êtres exceptionnels comme le Mahatma Ghandi l’ont fait. Mais est-ce à la portée de tous ? Est-ce que L’Eglise ne demande pas trop aux pauvres pêcheurs ?
Ce n’est pas parce que nous sommes faibles que nous devons demander au Pape de nous comprendre. Il ne le fera pas. Il nous dira toujours « aller plus loin », comme le Christ le disait à ses apôtres.
Beaucoup de chrétiens, catholiques ou non le sont de manière automatique ; ils héritent leur appartenance religieuse de leurs parents, sans nécessairement avoir reçu une éducation biblique minimale. Alors ils sont surpris du message du Pape qui reste cohérent avec l’Evangile. On ne peut pas lui demander autre chose, au nom du progrès ou encore au nom des morts qui le sont, précisément, parce qu’ils font le contraire de ce que dit la Bible.
Le Pape invite les Africains à une révolution spirituelle
Alors, survient cette question posée par les acteurs de la prévention : « Sauf le respect dû au Pape, la prévention du sida est-elle une question religieuse ou une question de santé publique ? ». Les chiffres du sida en Afrique sont effectivement terrorisants... L’intégralité de l’article figure sur scenepublique.com
Par Elise Mbock



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