L’ancien ministre de la Défense, honorable député au Parlement togolais, a bien du souci à se faire. Interpellé mercredi devant les grilles de l’ambassade américaine où il était venu chercher refuge, Kpatcha Gnassingbé, malgré la poisse qui semble le poursuivre ces derniers temps, se croyait protégé par son immunité parlementaire… Que nenni, puisque, aussitôt saisi par le procureur de la République, le bureau de l’Assemblée nationale s’est contenté de prendre acte de la situation de flagrant délit dans laquelle se serait compromis l’ex-élu.
Cruel revers pour celui qui, une semaine plus tôt, pouvait encore se prévaloir de l’enviable position de frère cadet du président ainsi que de son mandat de député du fief du parti au pouvoir, mais qui se retrouve désormais pris dans la nasse judiciaire, au même titre que ses présumés complices.
« J’ai pris toutes les mesures avec le gouvernement pour que la justice s’exerce avec fermeté mais dans la sérénité », a déclaré son président de frère dans un discours télévisé, annonçant ainsi la couleur.
Jadis porté au pinacle par le simple fait de son ascendance, voilù que le vice- roi du Togo est nu, alors que l’étau se resserre autour de son imposante et illustre personne. Entendu vendredi par un juge, le simple justiciable qu’est désormais Kpatcha n’aura pourtant pas à subir l’inconfort des prisons togolaises, détenu qu’il est dans un lieu sûr. Ah ! esprit de famille, quand tu nous tiens…
Proche-Orient : Ce sera "Bushehr contre Yitzhar" (1)
Ainsi donc, le nouvel émissaire spécial des Etats-Unis pour le Proche-Orient est allé rencontrer les ministres du tout aussi nouveau gouvernement Netanyahu pour booster la solution des 2 Etats, défendue par la communauté internationale, les Etats-Unis en particulier. Parce que c’est une prise de contact, les désaccords ont été exprimés diplomatiquement, c’est-à-dire de façon "très courtoise", qui n’augure pas pour autant un gentlemen agreement entre le gouvernement de Bibi, opposé à toute idée de création de l’Etat palestinien, et l’administration Obama, déterminée, selon le quotidien israélien Yediot Aharonot, à faire avancer, d’ici la fin de leur mandat, la solution des 2 Etats.
Au point d’avoir, dit notre confrère de Jérusalem, non seulement anticipé les réticences du gouvernement hébreu et prévenu toute tentative israélienne pour s’assurer le soutien du Congrès, mais aussi et surtout prévu ce marché du donner et du recevoir : l’évacuation de la Cisjordanie et, entre autres, de la symbolique colonie de Yitzhar, en contrepartie de la résolution de la menace iranienne, notamment du réacteur nucléaire de Boushehr, qui pend sur Israël comme l’épée de Damoclès. Ce sera donc "Bushehr contre Yitzhar". Après Gaza, la Cijordanie donc. C’est à croire que, par poussées successives, la grande Amérique veut pousser Israël vers la sortie du territoire imparti aux Palestiniens par l’ONU.
Autant dire que la rencontre de Netanyahu avec Obama à Washington en mai prochain pour donner la réponse d’Israël de vive voix sera moins diplomatique, plus polémique. Et du coup, voilà l’Etat Hébreu, par-delà l’extrémisme intégriste du Shas et ultranationnaliste d’un Avigdor Lieberman, ramené sur terre au pragmatisme américain de commodo et incommodo de ce marché de la paix.
"La politique étrangère doit être fondée sur l’union de principes et du pragmatisme, pas sur une idéologie rigide", a annoncé Hillary Clinton dès son entrée en fonction. Non pas que l’heure soit au divorce entre les USA et Israël, mais le changement de ton par rapport aux administrations précédentes est, en tout cas, indéniable. Et, signe d’une tension entre les deux pays, Avigdor Lieberman a dénoncé ce qu’il qualifie d’ingérence étrangère dans des affaires internes à Israël, comme si la paix au Proche-Orient est interne à quel que pays que ce soit.
par Rabi Mitibkèta/ L'Observateur
Notes : (1) Nom du plan B de l’administration Obama pour amener Israël à accepter la création de l’Etat palestinien.



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