Le candidat Bouteflika va entrer en campagne électorale. L'on sait après son discours prononcé jeudi dernier devant ses partisans, ce que seront les arguments que lui et son camp vont développer en guise de plaidoyer incitatif à un vote franc et massif en faveur de sa reconduction à la magistrature suprême du pays. Leur fil conducteur est clair: nécessité pour l'Algérie d'inscrire dans la continuité la politique de redressement national engagée tous azimuts par le Président-candidat depuis son arrivée au pouvoir en 1999.
Jeudi, Bouteflika a esquissé les grands engagements qu'il compte proposer à la nation durant sa campagne et constitueront son programme présidentiel en cas de troisième mandat. Poursuite de la politique de réconciliation nationale, consolidation des efforts de développement économique entrepris au travers des grands plans de relance financés par l'Etat, parachèvement des réformes initiées et radicalisation des opérations d'assainissement menées dans le cadre de la lutte contre la corruption et autres maux qui gangrenent le fonctionnement de l'Etat et hypothéquent le retour à des rapports de confiance entre celui-ci et les citoyens.
Il n'y aura rien de nouveau dans la rhétorique électorale du camp Bouteflika que les Algériens n'ont pas entendu pendant les dix années de mandat du Président-candidat. Cette fois, il faudra être attentif à ce que celui-ci dira et promettra sur les questions de la démocratie et des libertés lesquelles, on ne peut que constater qu'elles ont subi des régressions très sévères au long de ses deux mandats.
C'est la raison pour laquelle la question doit être posée au Président-candidat de savoir si dans son programme pour un troisième mandat, figure une nouvelle révision de la Constitution ainsi que l'a demandé le parti FLN de Belkhadem et que lui-même n'a pas exclue quand il a motivé sa décision de procéder à la première révision intervenue le 12 novembre.
Si Bouteflika a ce projet parmi ceux qu'il compte entreprendre durant son troisième mandat, il a alors l'obligation morale en tant que candidat d'en faire état à l'électorat et à l'opinion publique en général, d'en dévoiler la philosophie qui l'inspire et les buts qui lui seront fixés.
La révision limitée de la Constitution opérée le 12 novembre dernier a soulevé de légitimes craintes quant à l'avenir de la démocratie et des libertés citoyennes dans notre pays. Et ce n'est pas parce que Bouteflika a laissé entendre que celle à laquelle il aurait l'intention de procéder en plus large, en son troisième mandat, prendra en compte l'aspiration des citoyens à l'instauration d'un Etat de droit et d'une démocratisation réelle de la vie publique et institutionnelle dans le pays qu'il faut accepter que cette question soit occultée dans son discours électoral et écartée des débats auxquels donnera lieu la campagne pour l'élection présidentielle.
Que Bouteflika en ait fait l'impasse dans son discours de candidature n'est pas signe que le projet de nouvelle révision de la Constitution, qui dort présentement dans les tiroirs du Pouvoir, a de quoi susciter l'enthousiasme des citoyens épris de démocratie, du droit, de la justice et des libertés civiques.
Kharroubi Habib



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