Le temps fort de la visite du Président de la République dans la wilaya d'Oran, sera le meeting populaire qu'il présidera demain dans la zone industrielle d'Arzew.
La raison officielle de ce rassemblement est la célébration du 54ème anniversaire de la création de l'UGTA et le 38ème de la nationalisation des hydrocarbures. L'événement a offert à Bouteflika l'opportunité de revenir dans la métropole de l'ouest deux mois après sa visite des 16 et 17 décembre dernier qui, rappelons-le, n'avait pas drainé les grandes foules espérées à cause des conditions climatiques exécrables.
L'excuse du mauvais temps pour l'accueil sans grande liesse populaire qui lui avait été réservé par les Oranais n'a semble-t-il pas totalement convaincu Bouteflika.
Ce en quoi il fait montre d'un bon flair car ce n'est pas uniquement le froid et la pluie de ce mois de décembre qui ont dissuadé les citoyens de la ville et de ses environs à aller massivement à sa rencontre. Il y a en effet aussi que, s'ils n'ont pas manifesté d'enthousiasme excessif à le recevoir, c'est qu'ils sont en majorité dans le désenchantement à l'égard du bilan de ses deux mandats présidentiels qu'ils jugent à l'aune de la décrépitude qui ronge leur ville, et d'une gestion des affaires locales unanimement décriée pour son manque d'efficience. Pour Bouteflika, qui est Président candidat, il importe que l'opinion ne reste pas sur l'impression de sa visite sans chaleur populaire du mois de décembre. Celle d'aujourd'hui et de demain doit, pour lui, infirmer les commentaires ayant focalisé sur la chute de sa popularité au sein de la population oranaise. Elle est aussi l'épreuve de probation pour les autorités locales et pour tous les relais partisans et d'organisations acquis au troisième mandat. Ce qui explique selon nos sources que ces milieux font feu de tout bois pour provoquer l'engouement populaire pour cette visite.
Ils ont fait d'autant plus dans le zèle mobilisateur que la rumeur prête au Président candidat d'avoir réservé aux autorités et notables locaux quelques interpellations très sévères dans son discours d'Arzew.
Calculs électoraux obligent, il faut s'attendre à ce que malgré les difficultés financières qui commencent à poindre pour le pays pour cause de tassement durable des prix du pétrole et du gaz, Bouteflika fasse l'annonce «de bonnes nouvelles» en ce 24 février. Histoire de réchauffer l'enthousiasme populaire pour sa candidature.
Pour l'événement du 24 février en lui-même, c'est tout de même une ironie truculente que la célébration du 37ème anniversaire de la nationalisation des hydrocrabures soit présidée par le chef de l'Etat qui a procédé dans un premier temps à leur privatisation avant de se raviser et sans qu'on soit certain qu'il n'y reviendra pas si la déprime des marchés pétroliers s'accentue et s'installe dans la durée.
Kharroubi Habib



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