Dans le discours inaugural de son troisième mandat prononcé après sa prestation de serment, le président Bouteflika a fixé à la nation les priorités qu'il compte aborder durant les cinq prochaines années. Celles-ci ne sont pas nouvelles, pour avoir été déjà au cœur des programmes qui ont inspiré l'action gouvernementale au cours de ses deux précédents mandats.
Ces priorités telles que définies par le chef de l'Etat ont trait à l'approfondissement de la réconciliation nationale, l'accélération de la réforme des structures et des missions de l'Etat, l'adaptation du cadre de fonctionnement de l'économie aux nouvelles réalités et l'assainissement des institutions financières, ainsi que la satisfaction des attentes sociales de la population non encore atteintes malgré les progrès accomplis dans ce domaine. Il n'y a rien donc d'inédit dans les engagements que le Président élu s'est fixés comme objectifs de son troisième mandat.
Le Président n'a fait allusion ni à une volonté de changement, ni encore moins de rupture. Ses mots clés ont été poursuite, approfondissement et accélération. Pourtant, le Président élu n'est pas sans savoir que si les Algériens adhèrent pleinement au programme dont il est le chantre et le maître d'oeuvre depuis une décennie, il sont nombreux néanmoins à avoir été déçus par sa traduction sur le terrain tout au long des dix années de ses deux précédents mandats.
Il n'ignore pas non plus que si beaucoup de citoyens continuent à lui accorder encore un préjugé favorable qu'ils ont exprimé en lui renouvelant leur confiance le 9 avril passé, ils attendent en retour de lui qu'il mette un terme aux blocages et autres freins qui, ouvertement ou insidieusement, sont la cause des ratés qu'a connus la mise en oeuvre de son programme durant la décennie écoulée. Pour ces citoyens, l'origine du mal est dans la médiocrité du personnel dirigeant sur lequel le Président s'est reposé pour cette mise en oeuvre.
C'est dire que maintenant que le Président a inauguré son troisième mandat, ces citoyens guettent ce que vont être ses choix concernant les hommes qu'il va charger d'approfondir et d'accélérer la prise en charge des priorités dont il a fait état dans son discours inaugural.
Cela d'autant que ces mêmes citoyens à qui Bouteflika promet également qu'il intensifiera la lutte contre la corruption, les pratiques des passe-droits et du favoritisme, considèrent, à tort ou à raison, que celles-ci ont pour source ce personnel dirigeant en qui il a placé sa confiance. D'où leur aspiration à des changements radicaux dans cette sphère par l'appel à de nouvelles compétences nationales jusque-là marginalisées parce que non impliquées dans la politique clanique et la course aux prébendes, devenues les seuls objectifs auxquels beaucoup de cadres actuels de la nation se consacrent.
Ce n'est pas donc une rupture avec le programme de ses deux premiers mandats que les citoyens demandent à Bouteflika, mais celle avec l'environnement humain qui s'est agglutiné autour de lui pour des fins égoïstes et prédatrices.
Kharroubi Habib - Q.O



1 commentaire
|



