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Algérie : la popularité de Bouteflika écornée
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Publié le 30/03/2009 07:56 par La Rédaction

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Photo : Bouteflika
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Comme cela est annoncé, Bouteflika remportera le scrutin présidentiel. Non pas parce que la compétition est fermée et se conclura par une fraude à son profit, mais parce que c'est l'évidence que sa popularité et son aura sont demeurées grandes, sinon intactes, malgré l'usure du temps passé au pouvoir et les ratés de ses dix années de gouvernance.

Il est vrai que ses actuelles apparitions électorales ne drainent pas les foules délirantes qu'il attirait à ses apparitions publiques dans les débuts de son magistère suprême. Mais il est clair que l'homme est pour beaucoup de citoyens le candidat apte à sortir le pays de ses ornières, même si son bilan contient des zones d'ombres qui ont détourné d'autres de sa candidature.

La victoire annoncée de Bouteflika fait tout de même se poser l'interrogation de savoir pour quelle fin il la veut. Continuer à gouverner dans la même forme et les mêmes orientations qu'il a imprimées à ses deux précédents mandats ? Ou, comme l'affirment ses inconditionnels, dans une tout autre optique ?

Sauf que cette interrogation a déjà fait débat après sa réélection de 2004 et le concerné y avait répondu en continuant imperturbablement dans le même mode de gouvernement que celui de son premier mandat. Il en a résulté beaucoup de désenchantement et de désillusion, surtout dans les rangs de ceux de ses partisans qui l'ont soutenu en croyant qu'il allait procéder à des ruptures et des refondations radicales qui ouvriraient le système et le mettraient en symbiose avec les attentes citoyennes. Il a suffi que Bouteflika évoque des changements qu'il se dit déterminé à opérer pour que la fascination qu'il exerce sur beaucoup opère à nouveau. Ce ne sont pas seulement le «savoir-faire» électoraliste de l'administration ou l'ancrage populaire des partis et associations qui roulent pour sa candidature, qui sont les pourvoyeurs des auditoires compacts dont nous constatons la présence dans ses meetings. L'on peut au contraire affirmer que la participation de ceux-ci à sa campagne est la cause qu'elle connaît un engouement populaire moindre que celui espéré par le Président candidat.

La victoire annoncée de Bouteflika lui a apporté des ralliements qui sont très mal reçus par ses partisans citoyens lambda. Ils sont en effet ceux d'une faune d'opportunistes excellents dans l'art de voler au secours d'un succès sans risque. C'est contre cet état de fait que lors d'une rencontre avec Bouteflika, l'un de ses fidèles partisans a voulu attirer son attention en lui déclarant que «ceux qui oeuvrent vraiment et avec désintérêt à votre campagne ne sont pas présents ici, car marginalisés par les manoeuvres de vos prétendus représentants dans les coordinations qui en ont la charge».

Bouteflika mesure-t-il l'effet négatif et rédhibitoire qu'a cet afflux de personnes à la réputation sulfureuse à tous points de vue sur l'homme de la rue, pour qui leur présence fait craindre que l'après-avril 2009 ne sera en somme qu'à l'identique d'avant ? C'est-à-dire l'opportunité renouvelée pour ces opportunistes de continuer à avoir accès à la distribution de la rente.

 
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