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Algérie : le Premier ministre Ahmed Ouyahia démissionne
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Publié le 14/04/2009 06:39 par

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Photo : Ahmed Ouyahia
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Aussitôt que le Conseil constitutionnel confirmera les résultats du scrutin du 9 avril, ce qui est attendu pour demain mercredi, le Premier ministre en exercice, M. Ahmed Ouyahia, remettra sa démission au Président investi.

L'on peut penser que pour avoir placé sa candidature sous le slogan de la continuité, Bouteflika se conformera à cette vision en reconduisant son Premier ministre, qui par ailleurs n'a pas démérité en contribuant efficacement à sa «triomphale» réélection. Mais avec Bouteflika dont la stratégie a toujours consisté à surprendre autant ses partisans que ses adversaires, rien n'est prévisible.

Il est néanmoins une chose qui est certaine, c'est qu'il décidera en toute indépendance et sans consultation des partis et autres organisations constituant la nébuleuse présidentielle. Sauf que Bouteflika ne peut ignorer que les électeurs qui ont voté en sa faveur en tant qu'incarnation d'une continuité indispensable au processus de redressement national, sont en même temps en exigence d'un renouvellement dans le personnel dirigeant de l'Etat. La reconduction d'Ouyahia serait de ce fait mal accueillie par beaucoup de ces électeurs, tout comme par ailleurs si Abdelaziz Belkhadem devait être appelé à le remplacer. Cette sorte de fausse alternance a aggravé l'immobilisme de l'Etat face aux défis posés par les multiples problèmes auxquels le pays est confronté. Bouteflika est désormais en situation de sortir de cette logique du choix de son Premier ministre entre un représentant du FLN et celui du RND.

C'est justement pour ne plus en être prisonnier qu'il a fait procéder à la révision des articles de la Constitution concernant la nomination du responsable de l'exécutif gouvernemental. Pour ce troisième mandat, Bouteflika peut faire la preuve qu'ayant été candidat indépendant, il n'a aucune obligation en tant que Président investi de restreindre son choix du Premier ministre et même de l'équipe gouvernementale aux seul vivier de l'alliance présidentielle.

Un changement qui dérogerait à cette logique ayant prévalu pendant des deux premiers mandats, serait le signe que la continuité voulue n'est pas contradictoire avec l'ouverture sur d'autres espaces où existent des compétences nationales qui ne demandent qu'à s'exprimer au service de la nation. Il est vrai qu'un changement d'équipe n'est pas une fin en soi, ni la panacée aux problèmes auxquels le pays est confronté. Mais il peut se révéler le déclencheur d'une dynamique s'il permet l'émergence de nouveaux responsables étatiques non marqués par des appartenances claniques ou partisanes et exclusivement motivés par l'esprit du challenge.

Autant les deux premiers mandats de Bouteflika ont bénéficié d'une conjoncture favorable, autant ce troisième qui va démarrer est lui menacé par le péril financier qui se profile. Le «bateau Algérie» a besoin d'un bon timonier que les électeurs ont cru trouver en réélisant Bouteflika à la Présidence de la République. Il a néanmoins tout autant besoin d'un bon équipage. Et ça c'est la responsabilité du Président investi de le lui trouver.

Kharroubi Habib

 
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