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Algérie: le taux de participation, seul enjeu pour Bouteflika
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Publié le 09/04/2009 07:09 par

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Photo : Bouteflika
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Aujourd’hui 9 avril 2009, c’est le jour de vérité en Algérie pour Abdelaziz Bouteflika, Louisa Hanoune, Fawzi Rebaïne, Mohamed Saïd, Moussa Touati et Djahid Younsi qui briguent tous la magistrature suprême. En effet, ils seront départagés par le corps électoral, qu’ils ont courtisé et amadoué durant les 19 jours de la campagne officielle.

En l’absence des ténors de l’opposition, Bouteflika est bien parti pour remporter haut-la-main ce scrutin, puisqu’aucun de ses cinq adversaires n’est en mesure de le bouter hors du palais présidentiel qu’il occupe depuis 1999.

Autant reconnaître que les jeux sont faits et qu’il n’est point besoin de consulter un devin ou un spécialiste des sondages pour savoir lequel des six prétendants est le mieux placé pour remporter cette élection. Une promenade de santé donc pour l’actuel président qui, en réalité, n’a pas besoin de tricher pour se faire élire face à ces cinq comparses, à ces cinq candidats accompagnateurs.

Les Algériens sont donc convoqués aux urnes pour une élection sans enjeu. Vu qu’il n’y a pas de suspense sur l’issue du vote et que les jeux semblent déjà faits, est-ce que les électeurs vont daigner se déplacer pour s’exprimer dans l’isoloir ? Rien n’est moins sûr. Et c’est là tout l’enjeu de se scrutin : le taux de participation. Plutôt que le résultat du vote, le taux de participation est le principal souci du président-candidat et de ses partisans.

Et il a raison, l’homme fort d’Alger, de se faire du mauvais sang, car la crédibilité de sa réélection passe par une forte mobilisation des électeurs aujourd’hui. Sur ce plan, il aura à ferrailler, car, en plus des partis d’opposition qui appellent au boycott ou à l’abstention, le Front islamique du salut (FIS) d’Abassi Madani a donné de la voix pour inciter ses compatriotes à tourner le dos aux urnes.

Ce qui pourrait être cocasse, c’est qu’ailleurs, quand on parle de fraudes aux élections, il s’agit en premier lieu de tripatouillage des résultats pour donner la victoire à l’un des candidats. Mais selon toute vraisemblance, Boutef n’en a pas besoin pour gagner. Par contre, la fraude susceptible de l’intéresser serait celle qui permettrait de gonfler le taux de participation des électeurs, si entre-temps, au cours de la journée, il se rendait compte que les bureaux de vote sont déserts.

Si son souci est réduit aujourd’hui à ce problème, c’est parce qu’il a tué l’enjeu de la consultation électorale dès le 12 novembre 2008 lorsqu’il a modifié la Constitution par le truchement d’un Parlement qui lui est entièrement acquis.

Les coups de ciseaux et de bistouri portés à la loi fondamentale du pays ont fait sauter le verrou constitutionnel de la limitation des mandats présidentiels et lui ont offert, sur un plateau d’or, la possibilité d’être candidat indéfiniment. C’est pour dénoncer cette situation que les véritables partis d’opposition refusent de prendre part à ce qu’ils qualifient de « farce électorale ».

Abdelaziz Bouteflika, voilà un monsieur dont l’arrivée a suscité beaucoup d’espoir en Algérie. Il ne pouvait en être autrement, car, du temps où il était ministre, c’était un homme qui avait de l’allure et de la gueule comme on dit. Seulement, à l’épreuve du pouvoir, il s’est vite dévoyé, surtout avec la modification de la Constitution.

Sans surprise, Boutef sera réélu aujourd’hui à la tête de l’Algérie et entamera ainsi son troisième mandat de cinq ans au prix d’un saucissonnage de la loi fondamentale.

Et c’est toujours la même rengaine qui est servie partout où les tenants du pouvoir veulent se maintenir aux affaires : terminer les chantiers ouverts, ouvrir d’autres chantiers, consolider les acquis et patati patata, oubliant qu’ils ne seraient pas aujourd’hui au pouvoir si leurs prédécesseurs aussi avaient voulu ruser et user des mêmes artifices.

San Evariste Barro/ L'Observateur

 
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