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G8: Sarkozy «arrache» le oui à Bouteflika
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Publié le 08/07/2008 08:15 par Q. Oran

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Photo : Sarkozy-Bouteflika
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            (Quotidien d'Oran)

Le Président Abdelaziz Bouteflika sera présent au sommet constitutif à Paris de l'Union pour la Méditerranée qui aura lieu le 13 juillet. L'annonce de sa participation a été faite à Tokyo au Japon, en marge de la rencontre du G8, par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, à l'issue de son «aparté» avec son homologue algérien.

L'acceptation par Bouteflika à se rendre à Paris ne surprendra et n'étonnera que ceux qui ont pensé qu'il a sérieusement envisagé de pratiquer la politique de la chaise vide au sommet constitutif de l'UPM. Ceux-là n'ont pas compris son comportement dans cette affaire et se sont mépris sur son intention.

A l'annonce par Nicolas Sarkozy de son projet d'Union pour la Méditerranée, le Président Bouteflika a d'emblée approuvé l'idée et encouragé son promoteur à aller de l'avant dans cette voie. Il lui est vite apparu néanmoins que dans ce projet, l'Algérie risquait de se voir confinée à jouer «les utilités». Une situation dans laquelle une conjonction d'intérêts veut la réduire afin que l'Union projetée échappe dans son fonctionnement et dans la définition de ses objectifs à l'influence de l'Algérie et de ses points de vue.

C'est en excellent stratège diplomatique que Bouteflika a géré la préparation du sommet constitutif de Paris. Il a longuement fait planer le suspense sur sa participation à cette rencontre, non pas qu'il ait été traversé par le doute sur la position que le pays devait avoir dans cette affaire, mais pour donner plus de chance aux avis et demandes algériennes d'être pris en compte. La France et Nicolas Sarkozy, qui sont les promoteurs initiaux du projet d'union et les organisateurs du sommet constitutif de l'UPM, ne peuvent en effet se prévaloir de leur succès dans le cas d'une absence à Paris du Président algérien, dont ils ont répété à satiété que son pays est «un acteur majeur dans le bassin méditerranéen, sans lequel rien n'est possible dans cette région». En donnant l'impression d'hésiter à se rendre à Paris, Bouteflika a en fait exercé la pression sur l'Elysée et la diplomatie française pour qu'ils fassent admettre les conditions et exigences algériennes sur un certain nombre de problèmes, par les Etats rétifs à un rôle prépondérant de l'Algérie dans l'Union. Il semblerait que cela ait marché et que notre pays aurait reçu l'assurance d'avoir sa part dans la répartition des responsabilités qui auront à charge le fonctionnement de l'Union pour la Méditerranée.

Si l'Algérie est parvenue à «arracher» sa reconnaissance en tant que pays incontournable dans le projet de l'UPM, il serait alors mal venu de faire grief à Bouteflika de se rendre à Paris sous prétexte que sa présence équivaudrait à «brader» la cause palestinienne. Alors que le principal concerné, le président palestinien Mahmoud Abbas, y sera lui présent sans avoir la pensée d'avoir trahi son peuple. On peut être avec les Palestiniens, soutenir sans équivoque leur cause nationale, mais sans jouer à être plus palestinien qu'eux.

Kharroubi Habib/ Quotidien d'Oran

 
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