La campagne électorale de la présidentielle n'est censée débuter qu'à la mi-mars, après que le Conseil constitutionnel ait rendu définitive la liste des candidats admis à concourir, pour l'élection à la magistrature suprême. Le camp du Président-candidat l'a pourtant déjà démarrée à fond la caisse. Et Bouteflika lui même est à la besogne sous la forme de «visite d'inspections et de travail» dans des wilayate du pays, qui sont autant d'occasion lui donnant à faire valoir les réalisations accomplies durant son mandat en voie d'achèvement. Ce n'est pas l'unique avantage que le Président sortant a sur ses compétiteurs. Il a encore et surtout, celui de prendre des mesures à caractère social en faveur de segments de la société, dont il est bien entendu attendu qu'elles auront l'effet incitatif qui motivera les bénéficiaires à lui apporter leurs voix le 09 avril. Ce dont Bouteflika ne se prive pas comme le prouve la récente décision d'autoriser le paiement des salaires impayés pour une trentaine de milliers de travailleurs.
De même, celle octroyant une augmentation de la pension dite allocation forfaitaire de solidarité pour environ 750.000 personnes démunies, ou celle portant régularisation prochaine de la situation des médecins et des paramédicaux récrutés dans le cadre des contrats de pré-emplois. D'ici le 24 février, journée consacrant la naissance de l'organisation syndicale, l'UGTA, et au-delà pendant la campagne électorale officielle, d'autres Etrennes sociales» vont faire florès. C'est tant mieux pour les citoyens qui en bénéficieront. Le procédé est de «bonne guerre» quand l'un des candidats se trouve être le président sortant. Il confirme néanmoins que les concurrents ne sont pas tous logés à la même enseigne.
Le Président-candidat disposant sur tous les autres d'user des moyens multiformes et souvent très productifs en gains électoraux, dont dispose l'Etat à la tête duquel, il est toujours en exercice pendant sa campagne électorale.
Que peuvent lui opposer ses rivaux dont la modestie des moyens, pour la plupart, les contraint à battre campagne de façon artisanale et sans envergure. Et cela sera encore plus flagrant pour la campagne électorale prochaine.
Car, à l'exception de Moussa Touati, le Président du FNA, Louiza Hanoun, la porte-parole du PT si elle décide effectivement de se lancer dans la course, et celle, dans une certaine mesure, de Mohamed Saïd, l'ex-Secrétaire général du mouvement Wafa, tous les autres candidats postulant à la magistrature suprême partent avec le lourd handicap de ne disposer d'aucune machine électorale susceptible d'organiser, relayer et amplifier l'activisme électoral qu'ils déploieront dans leur quête des voix citoyennes. Cette fois plus que toutes les précédentes, depuis 1995, l'élection présidentielle sera réellement un combat du «pot de fer contre les pots de terre». Et c'est cela qui va renforcer la tentation pour l'abstention chez de nombreux électeurs.
Kharroubi Habib



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