Du 4 au 9 avril 2009, plus de 941.000 algériens établis à l'étranger se rendront aux urnes pour élire le futur président de la République. Le chiffre communiqué par le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales fait état de 941.455 compatriotes inscrits sur les listes électorales après leur assainissement et leur mise à jour, contre 773.383 appelés aux urnes lors de la présidentielle d'avril 1999.
Ainsi et conformément à la loi électorale, les bureaux de vote seront ouverts dans les grands centres urbains des pays d'accueil durant six jours pour permettre aux membres de la communauté algérienne d'accomplir leur devoir civique dans les meilleures conditions. A cet effet, les ambassades et consulats d'Algérie ont pris toutes les dispositions et mobilisé tous les moyens humains et matériels pour le bon déroulement des opérations de vote, après avoir procédé depuis le mois de février dernier à la révision des listes électorales.
Selon des sources proches des ambassades et autres consulats, de nombreux concitoyens se sont rapprochés pour s'enquérir des modalités pratiques leur permettant de figurer sur les listes additives.
Contrairement aux scrutins précédents durant lesquels les électeurs étaient contraints de faire souvent de longs déplacements pour atteindre les bureaux de vote et dans le souci d'atteindre un fort taux de participation, les représentations diplomatiques ont opté pour la délocalisation des bureaux de vote pour mieux se rapprocher des électeurs. Par ailleurs et conformément aux orientations de l'instruction présidentielle, on affirme dans les milieux diplomatiques que toutes les dispositions ont été prises pour veiller scrupuleusement à la mise sur rail du dispositif nécessaire à la tenue d'un scrutin répondant aux conditions requises en matière de neutralité, de transparence et d'intégrité. Par ailleurs, L'électorat national est estimé à 20.595.683 électeurs.
Moussa Touati, candidat du Front national algérien (FNA) à l'élection présidentielle, est catégorique sur le taux de participation qui sera enregistré lors du scrutin de jeudi prochain.
Moussa Touati prévoit que la participation ne dépassera pas les 40% pour cause de manque d'engouement de la population constaté à travers les 48 wilayas à l'égard de ce rendez-vous. Il fera savoir que des moyens de transport de l'Etat sont mobilisés et des gens sont conduits de force pour assister à des meetings de certains candidats, ce qui témoigne de ce peu d'intérêt de la population à l'endroit de ce scrutin.
Intervenant hier à l'occasion d'une conférence de presse animée au siège de son parti à la rue Tanger à Alger, le responsable du FNA assure que si le scrutin sera transparent à 60 % seulement, il y aura des surprises au premier tour. Moussa Touati est convaincu que c'est son parti qui fera cette surprise en précisant, cependant, que s'il n'y a pas de deuxième round, alors les élections sont truquées. «Les élections présidentielles ne seront pas tranchées dès le premier tour», a-t-il déclaré en soulignant que «les candidats seront au coude-à-coude». Auparavant, Moussa Touati, qui revendique la «paternité» sur les «pauvres et les laissés-pour-compte» en Algérie, a critiqué sévèrement ce qu'il a qualifié de parti pris de l'administration au profit du « candidat de l'argent», allusion faite à Bouteflika. Le conférencier a déclaré hier que des gens sont payés 500 DA pour arracher les affiches des autres candidats et coller à la place une seule affiche du «candidat de l'argent».
Les portraits géants de Bouteflika accrochés sur les façades des maisons et des entreprises à travers le territoire national sont l'oeuvre de personnes qui ont des problèmes avec le fisc et la loi, déclare le candidat du FNA, qui accuse l'administration d'avoir donné des instructions pour utiliser les moyens de l'Etat au profit du «candidat libre», comprendre par là le candidat à sa propre succession, Bouteflika, dont le portait est omniprésent à travers les villes et villages d'Algérie. Pour autant, Moussa Touati ne veut pas entendre parler de retrait de la course électorale. Interrogé par le «Quotidien d'Oran», le candidat du FNA estime qu'il doit «respecter son engagement envers son électorat » qui l'a choisi pour représenter le parti à ces élections présidentielles. «On veut instaurer un Etat de droit », a-t-il réitéré hier, en faisant savoir qu'il gouvernerait le pays même avec un taux de participation de 10 %.
Cependant, Moussa Touati a menacé que si le choix du peuple n'est pas respecté, son parti va aller vers des actions de rue, notamment la grève.
La même menace a été brandie également hier par le candidat du FNA, si l'administration lui refuse l'autorisation de tenir son dernier meeting à la salle Harcha à Alger, alors que cela, dit-il, est déjà programmé dans le cadre de la campagne électorale. Le conférencier a exhibé hier un document où l'on demande explicitement au FNA de s'acquitter de 76 millions de centimes pour tenir son meeting dans cette salle, chose que refuse catégoriquement Touati qui menace de prendre d'assaut la rue avec ses militants et sympathisants.
Le candidat du FNA, qui refuse d'entendre parler de «lièvre», a déclaré qu'il se sentait plutôt comme un «lion», avant de dire carrément «que nous ne sommes pas des animaux». «Nous sommes un petit parti mais un parti qui a des principes», a-t-il lancé à l'adresse des journalistes, en soulignant que quels que soient les résultats des élections, l'Algérie ne va pas s'arrêter.
Moussa Touati a fait savoir, par ailleurs, que son parti n'a déboursé tout au long de la campagne électorale que la modique somme de 270 millions de centimes. «Il n'y a aucune comparaison entre nous et le candidat de l'administration», s'est-il félicité en appelant, par ailleurs, la Commission politique nationale de surveillance des élections présidentielles (CPNSEP) à payer les observateurs issus de son parti qui surveilleront les urnes le jour J.
Z. Mehdaoui



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