L'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU en charge du dossier du Sahara Occidental, M. Peter Van Walsum, récidive dans le parti pris en faveur des thèses marocaines.
Pour rappel, ce personnage, censé faire la facilitation dans les négociations maroco-sahraouies sous l'égide des Nations unies, s'était déjà distingué, il y a quelques semaines devant le Conseil de sécurité, en émettant l'avis que l'autodétermination du peuple sahraoui n'est pas une solution réaliste.
Il a remis ça dans une interview un journal espagnol El Pais en estimant que «le front Polisario a la légalité de son côté, mais l'indépendance du Sahara Occidental n'est pas un objectif accessible», car, selon lui, le «Conseil de sécurité n'est pas disposé à exercer sas pouvoirs et à l'imposer».
Après cette sortie de son représentant à la fois inacceptable pour les Sahraouis et à charge contre le Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ne peut faire moins que de lui retirer le suivi du dossier sahraoui. Le Polisario ne peut après cela accepter d'avoir à faire à un représentant onusien qui prône ouvertement l'abandon du principe d'indépendance pour le Sahara Occidental.
Il ne suffira pas cette fois à Ban Ki-moon d'exprimer l'argument que les propos de son représentant n'engagent pas l'organisation internationale qu'il préside. Il est dans l'obligation de le désavouer plus fermement que cela a été fait par lui après son intervention devant le Conseil de sécurité.
Peter Van Walsum a balayé d'un mot la longue lutte pour son indépendance du peuple sahraoui en affirmant que «30 années d'arguments légaux de poids du Polisario n'ont produit aucun effet». Si telle était la vérité, comment expliquer que plus d'une soixantaine d'Etats à travers le monde reconnaissent déjà officiellement l'Etat sahraoui ? Comment le Maroc a-t-il été contraint de s'asseoir à la table de négociation avec ce Polisario ?
Les déclarations et prises de position sur le conflit du Sahara Occidental, de la même veine que celles assumées par le représentant personnel du secrétaire général de l'ONU, ferment toute perspective à un règlement conforme aux principes et au droit international, au respect desquels l'ONU a l'obligation de veiller. Elles confortent parmi les responsables et militants de la cause sahraouie la conviction que «l'indépendance ne s'offre pas mais s'arrache».
Si, comme le soutient Peter Van Walsum, «le Conseil de sécurité doit tenir compte de la réalité sur le terrain» plus que de la légalité internationale, alors les Sahraouis ont toute raison et toute légitimité de réviser leur attitude qui a consisté à accepter d'entrer dans un processus de négociation pacifique avec l'occupant de leur territoire national.
Les complaisances internationales dont bénéficie le Maroc, alors qu'il bafoue l'autorité des Nations unies, se sont exprimées par la voix de Van Walsum. Avec l'espoir que l'opinion internationale accordera le bénéfice de la «sagesse» au contenu de ses propos, qui ne sont en réalité qu'appel à sacrifier la liberté et l'indépendance d'un peuple.
Kharroubi Habib/ Quotidien d'Oran



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