Il n'est pas un jour sans que la presse nationale ne fasse état de saisie de drogue, un peu partout à travers le territoire national. Mais l'inquiétante nouveauté, constatée depuis quelques mois, est que les opérations se soldent par des prises au volume effarant.
En effet, c'est le plus souvent, désormais en quintaux, voire en tonnes que se quantifient les prises effectuées par les services de l'Etat en charge de la lutte contre le trafic des stupéfiants.
C'est la preuve que cette lutte est menée avec efficacité. Sauf que l'extansion de la consommation de stupéfiants, dans le pays, prend des proportions alarmantes sans que le marché de ce nuisible commerce connaisse de pénuries en approvisionnement, du fait des saisies opérées. Ce qui signifie que pour aussi importantes que sont les quantités de drogues saisies, celles qui parviennent à échapper à la vigilance des services concernés le sont encore plus. Et c'est cela l'inquiétant.
Le trafic de drogue n'est pas une nouveauté dans note pays. Ce qui l'est, c'est la dimension qu'il prend. Outre qu'il est en train de pourrir à grande échelle notre société, en attirant dans ses nocifs filets d'importants pans de la population, ce trafic est une véritable arme de guerre et de destruction sciemment instrumentalisée.
Il donne lieu à des enrichissements soudains et faramineux. Et c'est un secret de polichinelle qu'une grosse partie de l'argent qu'il génère est allée aux groupes terroristes qui ont mis à feu et à sang le pays. Des Algériens, en majorité, sont derrière ce trafic et en vivent. Mais, la source d'approvisionnement essentielle est, elle, étrangère. Le gros de la «marchandise», tout le monde le sait, provient du Maroc.
Lequel pays, sous la pression d'Etats européens, s'est engagé à se montrer moins laxiste dans la lutte contre la production et le trafic de stupéfiants. Ce que démontrent les récurrentes opérations de saisie de drogue et de démantèlements de réseaux de trafiquants auxquels procèdent sa police et sa douane aux frontières s'ouvrant vers le continent européen. La vigilance de ces mêmes services marocains est pourtant étrangement assoupie aux frontières avec l'Algérie.
A croire que cela arrange les «parrains» marocains, à tous niveaux de ce trafic, que notre pays serve et de réceptacle et de lieu de transit à leur commerce de mort.
S'il faut envisager la réouverture de la frontière algéro-marocaine, ce que nous souhaitons, la question d'une coordination sans calcul ni arrière-pensée de la lutte contre le trafic de drogue doit être l'un des préalables que nos autorités devraient poser sur la table.
La drogue est un fléau qui est en train de se socialiser dans notre pays. A ce titre, le combat pour sa prévention et son éradication est une priorité qu'il faut engager, car il y va de la santé et de l'intégrité physique de nos citoyens, la jeunesse en particulier.
Kharroubi Habib




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