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Violence contre les femmes en Algérie
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Publié le 24/11/2008 07:44 par Q. Oran

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Photo : Bouteflika
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Le président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l'homme (CNCPPDH), Me Farouk Ksentini, préconise une législation plus «sévère» contre la violence à l'égard de la femme en Algérie. Il a plaidé dans ce sens que l'acte de violence envers la femme soit assorti d'une circonstance aggravante. Il propose, également, d'inclure une loi permettant le déclenchement d'une procédure judiciaire sur le simple témoignage du voisinage.

L'appel de Me Ksentini, dont les propos ont été rapportés par l'APS, intervient à l'avant-veille de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard de la femme, coïncidant avec le 25 novembre de chaque année. Le président de la CNCPPDH a ainsi estimé que pour lutter «de manière efficace» contre la violence dont est victime la femme, «il est impératif d'instaurer des dispositions légales, pénales, strictes, suivies d'une application rigoureuse». Pour lui, «porter la main contre une femme doit être assorti d'une circonstance aggravante, comme c'est le cas chez nos voisins en Tunisie», estimant que «tout acte de violence contre les femmes est une violation de leurs droits fondamentaux à la vie, à la sécurité et à la dignité et constitue un délit intolérable et déshonorant». Ksentini propose, par ailleurs, d'inclure par exemple une loi permettant d'enclencher une procédure judiciaire sur simple témoignage du voisinage.

Même s'il regrette que la commission qu'il préside ne dispose pas de statistiques fiables pour donner la véritable ampleur de ce phénomène, il n'en demeure pas moins que la violence envers les femmes reste une réalité, selon lui. «Chez nous, la violence contre les femmes existe d'une manière conséquente et substantielle, mais malheureusement les victimes ne se plaignent pas systématiquement pour de multiples raisons bien connues», a-t-il dit. Plusieurs femmes, victimes de violence de la part de leurs époux, leurs frères ou autres, se rapprochent de la CNCPPDH, a-t-il encore affirmé.

Même si l'Algérie a amendé ses textes et les coups et blessures sont considérés comme un délit assorti d'une peine qui peut aller jusqu'à 10 années de prison quand il y a préméditation ou port d'armes (article 266 du code pénal), pour M. Ksentini, cela «reste insuffisant pour enrayer» la violence à l'égard des femmes, surtout que les victimes, par peur du divorce, d'une vengeance, hésitent souvent à porter plainte.

Pour M. Ksentini, «la meilleure façon de combattre la violence à l'égard des femmes n'est pas la répression, mais d'abord l'éducation qui commence au sein de la famille, puis à l'école et dans les mosquées». «Il est nécessaire de faire comprendre au +mâle+ que c'est mal d'utiliser la violence contre les femmes, épouse ou autre, car il n'y a pas plus déshonorant pour un homme que de lever la main contre une femme», a-t-il dit.

Même s'il juge que «rien n'excuse» ce genre de violence, il a toutefois estimé que «la promiscuité du logement, le chômage et les difficultés de la vie font augmenter les frictions et les tensions entre les couples et les membres de la famille». «L'effet de la drogue, qui a remplacé la prise de boissons alcoolisées en raison de leur cherté, est l'une des principales raisons de la violence contre les femmes, épouses, soeurs ou filles», selon M. Ksentini.

Il a aussi estimé que le phénomène «prend de l'ampleur au fur et à mesure que les tensions sociales augmentent», ajoutant que cette violence «ne baissera pas tant que nous n'avons pas apporté les traitements adéquats».

Selon la direction de la Police judiciaire (DPJ), près de 4.500 femmes ont été victimes de violence conjugale ou autres, à l'échelle nationale, rien qu'au cours du premier semestre 2008. Ces statistiques, bien sûr, ne tiennent pas compte des nombreux cas où les victimes préfèrent ou sont forcées d'une manière ou d'une autre de taire les violences dont elles sont victimes.

Pour revenir aux statistiques officielles et selon la commissaire principale Messaoudène Kheira, chef de bureau national de la protection de l'enfance de la délinquance et de la femme victime de la violence, citée par l'APS, parmi ces femmes, 2.675 ont été victimes de violences physiques, 1.359 ont été maltraitées, 144 ont subi une violence sexuelle, 107 ont été harcelées et 4 ont été carrément éliminées physiquement.

15,8% des agresseurs de ces femmes sont les conjoints, 4,21% des amants ou fiancés, 3,21% sont des frères, 2,9% des ascendants, 0,77% des pères et 72% sont des étrangers (voisins, collègues...), a encore relevé Mme Messaoudène.

 

H. Barti du quotidien d'Oran, site partenaire

 
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