Dans le scandale d’AIG, l’administration est coïncée par un point de droit : les obligations contractuelles. Sauf à reécrire le droit ou carrément à le renier, les bonus sont dus. Ni la colère, ni l’indignation, ni l’éthique ne peuvent rien y changer. C’est le constat d’impuissance auquel l’administration et le Secrétaire au Trésor en sont arrivés.
Afin de canaliser la colère en facteur positif", comme l’a dit le Président Obama qui vient de faire une intervention sur cette question, "une Haute Autorité des Finances va être mise en place. Celle-ci fonctionnera sur le modèle du FBI, c’est-à-dire qu’elle aura une capacité d’investigation ouverte et un droit de regard sur la régularité des opérations financières". C’est, selon le Président, "la seule manière de faire en sorte qu’on ne se retrouve plus devant des cas comme celui d’AIG où on n’a le choix qu’entre deux solutions : retenir l’argent et laisser couler le groupe ou assister impuissants à la distribution des bonus".
Les révélations se succédant, on apprend aujourd’hui que AIG a déjà réglé les 165 millions de bonus à ses employés. 418 salariés en ont bénéficié. L’un d’entre eux aurait touché 6,4 millions à lui tout seul. 11 ont déjà pris le large.
"Les milieux financiers n’ont pas compris qu’on ne pouvait plus retourner au « business as usual ». Ils ne comprennent pas non plus que les citoyens pensent que la distribution des bonus n’a que trop duré. C’est donc à un changement culturel que j’appelle, dans les milieux financiers".
"Nous nous trouvons dans cette situation économique à cause de l’excès de cupidité de certains, des rémunérations excessives et des prises de risques exagérées. AIG a couvert des banques qu’elles savaient engagées dans des opérations de subprimes douteuses. Au fil du temps, le groupe a empilé ce type de contrats d’assurances les uns sur les autres. Le secteur de l’immobilier s’étant écroulé, les banques ont été touchées occasionnant une facture vertigineuse pour le groupe qui devait déposer le bilan".
L’administration se devait de soutenir le groupe, car son écroulement aurait entraîné un écroulement à la chaîne des banques, du crédit, des retraites, des dépots des citoyens, de l’épargne populaire. S’il n’y a plus de crédits, ce sont des entreprises qui auraient été dans l’incapacité de régler les salaires et qui auraient fait faillite ; des emplois qui auraient été perdus. Au sommet d’AIG, il y a les fonds de pension. Bref, l’Etat ne pouvait pas laisser s’écrouler tout le système"".
"Cependant, je voudrais dire ici que je mettrais fin à cette culture où, quand tout va mal, c’est le contribuables qui paient les pots cassés et quand tout va bien, des bonus sont payés en millions de dollars à quelques uns".
"J’ai entendu dire que la transparence et l’éthique étaient contradictoires avec la loi des marchés financiers ; que l’administration n’avait aucune expérience du business. Je soutiens que ce ne sont pas là des valeurs incompatibles avec le marché, mais tout à fait compatibles".
"Entendons-nous bien : je ne suis pas contre le capitalisme, ni contre le libre marché, et encore moins contre l’enrichissement des gens. L’enrichissement doit découler des performances" – sous entendu « et non pas des montages financiers ».
"J’avais déjà dit que mon intérêt n’était pas de soutenir les banques, mais de protéger le peuple. Nous allons aider Tim Geithner à mettre cette Haute Autorité Financière en place".
Pendant ce temps-là, le Président d’AIG était entendu par la Commission des Finances.
Par Elise Mbock - Directrice de publication scenepublique.com
La lettre du Procureur Général de New-York au Président d'AIG




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