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Corée du Nord : deux journalistes américaines arrêtées
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Publié le 19/03/2009 17:22 par La Rédaction

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Deux journalistes américaines ont été arrêtées en Corée du Nord. Pyongyang les accuse  d'avoir franchi la frontière avec la Corée du Nord, ce que les deux jeunes femmes nient. Elles auraient été arrêtées par les gardes-frontières sur le sol chinois et les auraient conduites en Corée du Nord, où leur sécurité est menacée.

travaillant pour une chaîne du câble risque de compliquer un peu plus les relations, déjà tendues, entre Washington et Pyongyang. Les autorités nord-coréennes détiennent depuis mardi deux journalistes américaines pour un délit présumé de violation des frontières, a confirmé le département d'Etat américain jeudi. La sino-américaine Laura Ling et sa collègue américano-coréenne Euna Lee ont été interpellées alors qu'elles filmaient le long du fleuve Tumen, qui marque la frontière entre la Chine et la Corée du Nord.

La sino-américaine Laura Ling et l'américano-coréenne Euna Lee sont deux journalistes de la chaîne californienne Current TV. Elles ont été arrêtées pour un délit présumé de violation des frontières alors qu'elles filmaient le long du fleuve Tumen.

Le président américain Barack Obama et la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton sont préoccupés par le sort des deux journalistes.

Tension convenue entre Pékin t Washington

Il y a longtemps que l’on s’attendait à pareille sortie mais il faut tout de même avouer que les propos récents du Premier ministre chinois Wen Jiabao ont pris de court de nombreux observateurs. De quoi s’agit-il ? Vendredi dernier, il a exprimé sans aucune équivoque ses « craintes » à propos de la valeur des bons du Trésor américain dont Pékin détiendrait pour près de 1.000 milliards de dollars soit la moitié des réserves de change chinoises (*). «Nous avons prêté beaucoup d’argent aux Etats-Unis, a-t-il déclaré. Bien sûr, nous sommes préoccupés par la valeur et la sécurité de nos avoirs. Pour être honnête, je suis un peu inquiet.»

On se souvient qu’il y a quelques semaines, le Secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait, lors d’une visite officielle en Chine, remercié Pékin pour sa confiance dans les titres de dette américains, évitant au passage d’aborder les questions relatives aux droits de la personne humaine. On sait aussi que la question de savoir si la Chine va continuer à financer le déficit budgétaire américain se pose de manière récurrente. Pour ce pays, le problème est pourtant quasiment insoluble: cesser d’acheter des bons du Trésor américain offrirait la possibilité de diversifier ses réserves de change mais présenterait, à l’inverse, le risque majeur de déprécier les titres que Pékin possède déjà, ces fameux 1.000 milliards de dollars.

Pour nombre d’experts, peu adeptes de scénario-fiction, il n’y a aucune raison pour que cette situation change car ni la Chine ni les Etats-Unis ne peuvent rompre ce statu quo, les exportateurs chinois ayant besoin que les Etats-Unis empruntent de l’argent à leur pays pour leur acheter des produits « made in China ». La Maison-Blanche s’est d’ailleurs empressée de rassurer le gouvernement chinois en expliquant que les bons du Trésor américain étaient les placements les plus sûrs au monde, comme l’a martelé son porte-parole Robert Gibbs.

Comment expliquer alors cette sortie de Wen Jiabao ? Il y a d’abord certainement le fait que le plan de relance américain, qui creuse encore plus le déficit budgétaire, est vu d’un mauvais oeil par Pékin qui connaît l’adage: trop de dette tue la dette. Le message chinois est clair: ce n’est pas parce que nous finançons votre déficit qu’il faut continuer à le creuser.

Une autre explication tient dans le fait que Pékin tient à se rappeler au bon souvenir de son débiteur à l’heure où les Etats-Unis sont tentés par le protectionnisme et où les exportations chinoises à destination du marché américain ont tendance à stagner. Deuxième message: «si l’on vous prête de l’argent, ce n’est pas pour le dépenser ailleurs...». Enfin, une autre explication possible inquiète les salles de marchés. Que sait vraiment Pékin sur la situation financière des grandes entreprises américaines ? On se souvient que Washington a sauvé les deux établissements para-publics de financement hypothécaire, Freddie Mac et Fannie Mae, en grande partie parce que la Chine détenait une large partie de leurs créances. Wen Jiabao a-t-il lancé une mise en garde par rapport à une faillite annoncée à Wall Street qui déprécierait un placement chinois ? Cette hypothèse ne peut-être exclue.

(*) Plus précisément, la Chine détient 730 milliards de bons du Trésor américain et près de 300 milliards de dollars de créances américaines assimilées, notamment des obligations émises par les établissements hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac.

Cyrilles et Akram Belkaïd

 
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