Lors de son discours d'investiture prononcé mardi à Washington, le nouveau président américain n'a rien dévoilé de précis sur ce que seront les initiatives de son administration dans le domaine de la politique étrangère.
Barack Obama n'a ainsi fait aucune référence aux dossiers cruciaux en ce domaine, sur lesquels il se sait pourtant très attendu. Concernant l'Irak par exemple, il a tout juste confirmé qu'il tiendra sa promesse électorale d'un retrait prochain de l'armée américaine, dont il a souligné qu'il «se fera de façon responsable».
Du discours d'investiture du 44e président de l'Amérique, politologues et analystes sont unanimes à considérer que son moment fort a été dans la main tendue par Barack Obama au monde musulman, auquel il a proposé «une nouvelle approche fondée sur l'intérêt et le respect mutuel». Ce message ne peut qu'être bien reçu par le monde musulman, les Arabes en premier. Car à première vue, il s'inscrit dans une intention de rupture avec la politique de confrontation adoptée à leur égard par son prédécesseur et son administration.
Des sources américaines croient savoir que leur nouveau président va très vite tenter de donner de la consistance à sa proposition de nouvelle approche des relations de l'Amérique avec le monde musulman. Selon ces milieux, il le ferait en s'exprimant très prochainement sur la question palestinienne, à propos de laquelle il ne peut plus observer le silence qui a été le sien alors que se déroulait la tragédie de Ghaza.
L'affaire palestinienne n'est certes pas l'unique sur laquelle le monde musulman attend le nouveau président des Etats-Unis. Ses récents développements font toutefois obligation à celui-ci de clarifier ses positions à son sujet. De la façon et dans le sens qu'il le fera, le monde musulman et les Arabes en particulier se forgeront alors leur appréciation sur les véritables intentions de l'Amérique d'Obama à leur égard.
Il n'est nulle part attendu dans le monde musulman que dans le conflit israélo-palestinien, Barack Obama et son administration vont rompre avec la politique traditionnelle et constante de l'Amérique qui fait de l'Etat hébreu son allié stratégique au Proche et Moyen-Orient. Il suffirait à ce monde musulman que sous la conduite d'Obama, les Etats-Unis imposent à cet Etat hébreu le respect de la légalité internationale et celui de ses engagements. Ce serait alors le signal fort que l'Amérique est réellement déterminée à opérer sa réconciliation avec le monde musulman. Un premier pas qui faciliterait d'autres dans la voie de cette approche «fondée sur l'intérêt et le respect mutuel», proposée mardi par le 44e président US. Il reste à savoir si en tendant la main de l'Amérique au monde musulman, Barack Obama a conscience que le plus court et efficace chemin pour aller à la rencontre apaisée de celui-ci est celui où la résolution équitable du conflit israélo-palestinien est prise en charge en tant que priorité des priorités.
Kharroubi Habib



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