Khadafi propose de transformer l'Assemblée Générale des Nations Unies en Parlement Mondial. Il propose également de supprimer le Conseil de Sécurité qui n'est qu'un "conseil de terreur", puisqu'il ne pratique qu'une rhétorique des sanctions et de la terreur. "Personne ne devrait accepter les futures résolutions de ce conseil de la terreur", a déclaré le colonel. Khadafi a par ailleurs critiqué la composition du conseil de sécurité avec ses 5 membres permanents dotés d'un droit de véto. Tous égaux ?
On lui avait alloué 55mn ; il a parlé 1 heure 36 mn. On n'enferme pas le colonel Khadafi dans un cadre. On ne limite pas le Roi des Rois. Au-delà de l'anecdote qui est loin du record de Fidel Castro qui avait parlé 4 heures aux Nations Unies, le Président Libyen a démontré l'injustice de l'institution onusienne et de son Conseil de Sécurité avec ses 5 membres permanents que sont : les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et la Grande Bretagne avec droit de véto.
Sur ce point, le Président Nicolas Sarkozy qui a pris la parole après le colonel a répondu qu'il était favorable à la désignation de nouveaux membres permanents : un pays africain, un pays de l'Amérique latine, l'inde, le Japon et l'Allemagne. "La légitimité des Nations Unies dépend de cette réforme" a déclaré le Président Nicolas Sarkozy.
Le Président de la République Française a pris la parole avant le Premier Ministre Britannique Gordon Brown ; lui même suivi par le Président Chinois, Hu Jintao et le Président de la Russie, etc.
La poignée de main impossible
L'allocution du Président Libyen ne visait pas uniquement l'ONU, elle visait également les Etats-Unis. Selon Khadafi, "l'invasion de l'Irak est la mère de tous les maux". Les actions militaires Américaines au Panama, au Vietnam et à la Grenade sont tout aussi condamnables.
Pendant longtemps, le colonel Khadafi a croisé le fer avec les Etats-Unis, étant classé comme pays terroriste fournissant, comme l'Iran au Hamas, le soutien aux organisations "terroristes". Ceci a culminé avec les attentats du Lockerbie pour lesquels la rancoeur des Américains n'est toujours pas retombée.
Le Président Barack Obama que Mouamar Khadafi a appelé "mon fils" ne pouvait pas serrer la main de "l'ennemi public" des Américains lors de la passation de la parole. Lire l'ordre protocolaire de prise de parole
A l'heure où les démons du racisme rôdent sur le débat autour de l'assurance maladie qui polarise les émotions aux Etats-Unis, ce geste aurait ajouté au trouble émotionnel des Américains. Sans compter que certains Américains continuent de penser que la religion "cachée" du Président Obama c'est l'Islam. Sujet remis à l'ordre du jour lors des salutations contestées de Barack Obama au souverain Saoudien. Le Président s'était légèrement incliné et certains Américains avaient interprété cela comme un geste d'allégeance insupportable que seule l'appartenance secrète du Président à l'Islam pouvait justifier. La Maison Blanche avait dû faire une déclaration pour dire qu'il s'agissait tout simplement d'une marque de respect du Président à l'un des plus vieux souverains du monde. C'était un peu avant le [discours du Caire->http://scenepublique.com/Barack-Obama-au-Caire-Discours-de,179.html].
Terrorisme d'Etat
"Terroriste toi-même". Le colonel n'a pas dit ces mots, mais on peut le lire entre les lignes dans son double réquisitoire de la politique Américaine et du Conseil de sécurité de l'ONU.
Voici un extrait de quelques unes des propositions faites en une heure et demie.
- Abolition du conseil de sécurité de l'ONU et transformation de l'Assemblée Générale en "un Parlement Mondial".
- Le conseil de sécurité devrait s'appeler "conseil de la terreur" et personne ne devrait accepter les résolutions futures votées par ce conseil de sécurité. Le Conseil de sécurité n'apporte aucune sécurité, il ne connaît que la terreur et les sanctions. Personne ne devrait accepter les résolutions du conseil de sécurité qu'on devrait plutôt appeler "conseil de la terreur".
- Le siège des Nations Unies doit se situer hors de New York afin d'éviter aux dirigeants d'être piégés par la sécurité Américaine. On sait que les autorités de New York ont refusé au colonel un espace pour planter sa tente bédouine dans New York. Il est vrai que des raisons de sécurité ont primé sur le sujet : la ville a voulu éviter des débordements certains.
- Le colonel propose la Chine ou l'Inde comme siège de l'ONU.
- Mouamar Khadafi lance un appel pour la libération du Président Panaméen, Manuel Noriega et pour le réexamen des documents de son procès.
- Selon Khadafi, le virus H1N1 est une arme militaire.
- Les Talibans doivent être en droit de former un "Emirat Islamique" et ne doivent pas être considérés comme un "ennemi".
- Le dossier de l'assassinat du Président J.F. Kennedy doit être réouvert car sa mort est liée à la non prolifération, de même que celui sur l'assassinat de Martin Luther King, puisqu'il s'agissait d'un complot.
- La création d'un Etat nommé "Isratine" : un Etat qui regrouperait les Israëliens, les Palestiniens et tous les refugiés.
Enfin, Khadafi a appelé Barack Obama "mon fils" et l'a félicité pour sa première session de l'Assemblée Générale. "C'est une lueur dans le Noir", a-t-il dit. Indirectement, le colonel a critiqué la méthode qui consiste à faire un discours et à s'en aller.
Il faudra peut-être revoir la bienséance et la courtoise aux Nations-Unies ; même si les pays ne sont pas tous égaux. Y compris le boycott des délégations qui s'empressent de sortir lorsqu'un dirigeant qui ne leur plait pas s'exprime à la tribune. On peut être en désaccord et rester civilisé.
Par Elise Mbock - scene publique.com



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