Deux jours après l'embuscade que l'un de ses groupes a tendue dans la wilaya de Skikda à un détachement des forces de sécurité, qui s'est soldée par douze morts et plusieurs blessés dans les rangs de celui-ci, le GSPC a de nouveau frappé et fort hier. Cette fois, cela a été un attentat suicide ayant ciblé les abords de l'Ecole des officiers de gendarmerie aux Issers, dans la wilaya de Boumerdès. Son macabre bilan est de 43 morts (42 civils et un gendarme) et plus d'une quarantaine de blessés, dont 13 gendarmes.
Ces deux opérations terroristes ne sont malheureusement que les dernières de l'effarante série dont le pays est le théâtre ces dernières semaines. Ce macabre enchaînement angoisse les citoyens et n'est pas pour les convaincre de la pertinence de la vision et des explications qu'ont les autorités sur la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays.
C'est un fait que les forces de sécurité ont infligé d'importants et sévères coups aux groupes armés terroristes, là où ils sévissent encore. Dans la wilaya de Boumerdès, en Kabylie et dans l'est du pays. Mais ces succès justifient-ils que des responsables de la lutte antiterroriste s'aventurent à claironner «on les a eus» ? C'est pour avoir fait crédit à ce genre d'affirmations délivrées par les autorités que les citoyens sont désemparés et traumatisés par la recrudescence irrécusable de la violence terroriste à laquelle le pays est confronté depuis quelques mois.
Après les attentats suicide de septembre et décembre 2007 commis en pleine capitale, avec pour cibles des édifices censés être sous protection renforcée parce que symboliques de l'autorité de l'Etat, ces autorités se sont engagées à remédier à la chute de vigilance à laquelle elle ont attribué le regain de nuisance du terrorisme. Effectivement, l'Etat a considérablement renforcé ses moyens et pris des dispositions drastiques pour intensifier la lutte antiterroriste. Cela a incontestablement porté des fruits. Mais pas au point que ses représentants s'avancent à soutenir que la nuisance du terrorisme est jugulée.
Toute la stratégie du GSPC, incontestablement affaibli par les coups de boutoir que lui assènent les forces combinées de sécurité, consiste à infirmer leurs affirmations et cela en multipliant les attentats suicide aux effets autant spectaculaires que meurtriers. Il en résulte que le GSPC, bien qu'aux abois militairement, est en train de gagner la bataille psychologique en imposant dans l'esprit de la population qu'il est encore et toujours en mesure de frapper n'importe où.
Le ministre de l'Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni répète inlassablement et à juste titre que la lutte contre le terrorisme n'est pas l'affaire des seules forces de sécurité, mais également de la société dans son ensemble. Mais pour que cette société se mobilise effectivement, faut-il que les autorités ne lui cachent pas l'exacte vérité qui prévaut dans la situation sécuritaire. Et surtout qu'elles n'en minimisent pas, par calcul politicien, la gravité.



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