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Un geste historique d'Obama en direction de l'Iran
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Publié le 21/03/2009 07:17 par

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Photo : Barack Obama
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Jeudi soir, le président américain Barack Obama a fait en direction du régime iranien ce que depuis 1978, date du triomphe de la Révolution islamiste en Iran, aucun de ses prédécesseurs n'avait osé. Il s'est adressé directement aux dirigeants de Téhéran pour leur offrir «de surmonter le passé».

La proposition d'Obama a été formulée sous la forme d'un souhait, dont l'éventuelle mise en pratique par l'administration américaine a été conditionnée au renoncement par le régime iranien «au terrorisme et aux armes». Il n'empêche que son geste a été aussitôt qualifié de positif par Téhéran, qui a néanmoins tenu à faire savoir que pour qu'il en soit tenu compte par le régime iranien, il faudrait que «les Etats-Unis s'excusent du comportement qu'ils ont eu à son égard.

Cela étant, l'initiative d'Obama en direction des Iraniens est le signe d'une volonté américaine de rupture avec la politique de confinement et d'isolement à laquelle Washington a soumis le régime iranien depuis 1978 et que Bush a transformée en confrontation latente entre les deux pays, qui menaçait d'aller à un conflit armé pour cause du dossier nucléaire iranien.

L'offre du président américain n'implique pas pour autant que les Etats-Unis ont ou vont changer d'avis et de position sur celui-ci. Elle vaut qu'à Washington, l'on s'est fait au principe que le dialogue dans les relations internationales est préférable jusqu'à un point au recours à la force des armes, y compris avec les Etats classés par Bush dans «l'axe du mal», au premier rang desquels il avait placé l'Iran pour sa détermination à vouloir maîtriser la technologie du nucléaire et pour ses appuis avérés ou supposés à des organisations qualifiées de terroristes par son administration. L'ouverture américaine en direction du régime iranien s'inscrit dans le cadre des révisions que le nouveau président américain a promis, en tant que candidat, d'opérer dans la politique de son pays à l'égard du monde musulman, et plus pragmatiquement à l'égard des Etats et peuples de cette communauté se situant dans cet «arc de crise» qui va des frontières pakistano-afghanes aux confins ouest du Proche-Orient.

C'est cette même considération qui fait envisager sérieusement à Washington la possibilité d'engager aussi un dialogue avec «des talibans modérés» en Afghanistan. Si le contact et le dialogue avec les «ennemis de l'Amérique», selon la vulgate bushienne, ne sont plus un interdit pour les diplomates de l'administration Obama, il faudrait en toute logique que Washington assouplisse alors sa position d'exclusion contre le Hamas palestinien et accepte, comme vient de le lui demander l'Egypte, de nouer des relations normales avec une autorité palestinienne formée sur la base d'un consensus national, et donc avec en son sein des représentants de ce mouvement islamiste.

C'est à Moscou, début avril, où doit se réunir une conférence internationale sur la question palestinienne, que l'on aura les premiers indices du contenu des révisions que le président Obama entend assumer dans sa politique à l'égard de l'Iran, mais aussi du problème palestinien.

Kharroubi Habib

 
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