L'actrice Annie Girardot, l'épouse de Renato Salvatori qui était également son partenaire dans Rocco et ses frères, vient de nous quitter. C'est en septembre 2006 que son avocat Me Emmanuel Asmar, chargé de ses intérêts, a annoncé qu’elle était atteinte de la maladie d’Alzheimer.Une maladie qui a fini par l'emporter.
Élève au conservatoire de la rue Blanche (École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre) dès 1949, Annie Girardot fait, parallèlement, des apparitions, le soir, dans des cabarets (La Rose Rouge, à Montmartre, sous le nom d’Annie Girard, ou au Lapin agile...) et participe à des revues telles Dugudu avec la troupe de Robert Dhéry. En juillet 1954, elle sort du Conservatoire avec deux prix et est engagée peu après à la Comédie-Française. Son interprétation de La Machine à écrire, en 1956, aux côtés de Robert Hirsch, est particulièrement remarquée par Jean Cocteau qui voit en elle « le plus beau tempérament dramatique de l’après-guerre ».
Ses premières apparitions au cinéma sont moins éclatantes, dans des films sans ambitions, mais elle tient remarquablement tête à Jean Gabin dans deux bonnes séries noires : Le Rouge est mis et Maigret tend un piège. Elle démissionne finalement du Français à contrecœur pour se consacrer entièrement au cinéma. Mais, sur les planches, elle sera encore dirigée par Luchino Visconti pour Deux sur la balançoire aux côtés de Jean Marais, tente l’aventure (malheureuse) de spectacles musicaux Le Jour de la tortue ou Revue et corrigée conçu et mis en scène par Bob Decout sur des musiques de Catherine Lara. Elle connaît un triomphe, en 1974, avec Madame Marguerite, qui devint son rôle fétiche et préféré, qu’elle reprend régulièrement jusqu’en 2002.
Autres notables apparitions sur scène dans :
- L’Avare (1986), aux côtés de Michel Serrault, mis en scène par Roger Planchon, * Première jeunesse (1987), de Christian Giudicelli, aux côtés de Odette Joyeux, * Le roi se meurt (1988), de Ionesco mis en scène par René Dupuis, aux côtés de Daniel Ivernel, * Heldenplatz (1991), de Thomas Bernhard mis en scène par Jorge Lavelli...
Au cinéma, elle est l’actrice française la plus populaire des années 1970, alternant comédies et mélodrames, n’hésitant pas, à l’occasion, à aider de jeunes cinéastes à tourner leur premier film. Grâce à elle, et à Philippe Noiret, surgit l’une des comédies les plus insolites et les plus réussies de cette époque, La Vieille Fille -1971- signée Jean-Pierre Blanc. De Vivre pour vivre en 1967 à On a volé la cuisse de Jupiter en 1980, Annie Girardot a réussi grâce à sa remarquable interprétation de « femme normale et populaire » à imposer plus de 15 films millionnaires aux box-office. D’ailleurs, à cette époque, à chaque sortie d’un nouveau film, on allait voir « La Girardot » au cinéma. Elle reçoit d’ailleurs en 1977, le César de la meilleure actrice pour Docteur Françoise Gailland. Mais, ayant tourné avec les grands anciens dans les années 1960 (Carné, Delannoy, Grangier...), les cinéastes les plus novateurs ne s’intéressent guère à elle. François Truffaut lui écrit même une lettre désavouant la façon, très démagogique, dit-il, avec laquelle André Cayatte a traité « l’affaire Gabrielle Russier » dans Mourir d’aimer, l’histoire d’une jeune professeur accusée de détournement de mineur qui s’était suicidée en prison. Ce rôle resta cependant comme l’un des plus marquants de la comédienne, lui assurant même une reconnaissance internationale.
Sa gouaille fut souvent au service de films mettant en avant les femmes et le féminisme, et elle incarne, naïvement, cette cause en interprétant une série de rôles qui jouent sur le décalage de personnages assumant des métiers d’ordinaire réservés aux hommes : médecin, chauffeur de taxi, reporter-photographe, commissaire de police...
Le 20 septembre 2006, on apprend par son avocat Me Emmanuel Asmar, chargé de ses intérêts, qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer, ce que confirme l’édition du 21 septembre de l’hebdomadaire Paris Match, dans lequel la petite-fille de l’actrice et sa fille, Giulia Salvatori, révèlent sa maladie. Elle publie l’année suivante, avec le journaliste Jean-Michel Caradec’h une biographie intitulée La mémoire de ma mère Ed.Michel Lafon, où elle consigne les souvenirs de sa mère.
Biographie sous la licence GNU (GFDL). Source: Wikipedia.org (historique)



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