L’émergence et la diffusion dans les populations humaines de bactéries résistantes aux antibiotiques constituent depuis vingt ans un phénomène majeur dans le domaine de l’infectiologie. Ce phénomène pose un important problème de santé publique.
En effet, cette résistance touche aujourd’hui toutes les souches de bactéries pathogènes aussi bien en médecine de ville qu’à l’hôpital et elle concerne l’ensemble des antibiotiques.
- A l’hôpital, les germes résistants sont une cause importante de propagation des infections. La résistance aux antibiotiques est aussi un facteur aggravant des infections nosocomiales qui constituent un enjeu majeur de santé publique.
- En médecine de ville, un tiers des pneumocoques sont aujourd’hui résistants à la pénicilline alors qu’ils étaient largement sensibles à cet antibiotique il y a 15 ans.
Prenant conscience du risque pour la santé que représente l’antibiorésistance, la France, dès 2001, a mis en place un plan d’action pluriannuel ayant comme objectif de maîtriser et de rationaliser la prescription des antibiotiques. Ce plan 2001- 2005, et le nouveau plan 2007-2010 ont servi de cadre à des actions telles que les campagnes de communication grand public « les antibiotiques c’est pas automatique » de la CNAMTS.
Ces actions ont permis une baisse significative de la prescription des antibiotiques en ville dans l’ensemble de la population (–23.4%, ce qui équivaut à près de 27 millions de traitements inutiles évités depuis le début de notre programme) et en particulier chez les enfants (une diminution de 31% de la consommation d’antibiotiques chez les enfants de 0 à 5 ans a été constatée). La stabilisation, voire la tendance à la baisse de la résistance pour quelques espèces bactériennes, sont encourageantes.
Toutefois, ce problème d’antibiorésistance dépasse largement les frontières de l’hexagone. Plusieurs partenaires européens de la France ont pris conscience de l’intérêt d’agir. De nombreux pays ont ainsi mis en place des campagnes de sensibilisation.
Tout comme la Slovénie, la France a donc décidé de mettre au cœur de ses préoccupations ce sujet de santé publique pendant la Présidence française de l’Union Européenne. Cela passe par l’organisation d’un atelier européen ayant trait aux campagnes de sensibilisation du public et des médecins de ville sur l’utilisation prudente des antibiotiques. Cet atelier a eu lieu les 6 et 7 Novembre 2008 au Ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative.
C’est la première fois que ce thème fait l’objet d’une réunion spécifique, ce qui souligne l’importance d’une coordination entre administrations et scientifiques de l’Union européenne.
Cet atelier a également rassemblé, au delà de l’union européenne, des scientifiques des Etats membre de l’Association européenne de libre-échange, des Etats candidats à l’Union Européenne mais aussi les responsables du plan de lutte contre l’antibiorésistance des Etats- unis et du Canada.
Par ailleurs, la Direction générale de la Santé et ses partenaires dans le cadre du plan de lutte contre l’antibiorésistance participeront à la première journée européenne d’information sur les antibiotiques du 18 novembre 2008, poursuivant ainsi les actions déjà entreprises par la France dans ce domaine.
La lutte contre l’antibiorésistance sera également abordée dans le cadre des présidences de l’Union européenne tchèque et suédoise. Chacune d’entre elles a d’ores et déjà programmé une conférence sur ce thème.
(Source : Communiqué du Ministère de la Santé)



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