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CAN 2010: l’Egypte et le Nigeria rejoignent l’Algérie et le Ghana
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Publié le 27/01/2010 00:21 par La Rédaction

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Le tableau des demi-finales de la Coupe d’Afrique des nations 2010 s’est complété lundi avec les qualifications de l’Egypte et du Nigeria. Tenants du titre depuis 2006, les Pharaons ont arraché, aux prolongations, une victoire par 3 à 1 aux Lions indomptables du Cameroun, à Benguela. 

La 27e Coupe d’Afrique des nations (CAN), Angola 2010, a maintenant amorcé sa phase décisive. Passé le salutaire premier tour qui a vu les équipettes rentrées (on ne dira pas prématurément) au bercail à l’image du Burkina Faso, du Malawi, du Mozambique, du Bénin, etc ; place à un football de classe mondiale. Finie la nonchalance des attaquants, finis les passes imprécises et le désordre tactique, finies les boulettes incroyables ; on a maintenant du spectacle et du vrai depuis dimanche avec les quarts de finale.

Le capitaine égyptien Ahmed Hassan, qui jouait son 170e match en équipe nationale, a inscrit deux buts pour permettre aux siens de préserver leur invincibilité après 17 matchs. Il avait pourtant mal commencé la partie en déviant de la tête, dans ses propres filets, un coup de pied de coin des Camerounais à la 25e minute.  Hassan se rachètera en égalisant 10 minutes plus part.

Le remplaçant Mohamed Gedo a donné l’avantage à l’Egypte en interceptant une mauvaise passe d’un défenseur camerounais à son gardien. Ahmed Hassan a augmenté la mise pour mettre les siens à l’abri de toute mauvaise surprise. L’Egypte affrontera l’Algérie en demi-finale. Elle tentera de prendre sa revanche après avoir été éliminée de la Coupe du monde de 2010 par les Fennecs algériens.

Nigérians et Zambiens s’étaient, quant à eux, séparés sur un score nul à l’issue des prolongations. C’est aux tirs au but que le Nigeria a décroché son billet pour les demi-finales par cinq buts contre quatre. Il affrontera en demi-finale le Ghana, une autre équipe ouest-africaine.

Modèle presque achevé de ce football d’école, le choc des Mondialistes qui a opposé le 24 janvier dernier, la Côte d’Ivoire et l’Algérie, et qui a tenu en haleine les téléspectateurs pendant plus de deux heures. Après le premier quart d’heure et surtout l’ouverture du score par Salomon Kalou à la 4e mn, certains pensaient que les Eléphants, maîtres du jeu, ne feraient qu’une bouchée des Fennecs.

C’était sans compter avec la solidité individuelle et collective et surtout le mental d’acier des Algériens. Menés par deux fois au score, les protégés de Rabah Saâdane auront en effet réussi le tour de force de revenir dans la partie avant la fin du temps règlementaire, pour ensuite porter l’estocade dès la 2e parties des prolongations grâce au but victorieux de Hameur Bouazza.

On peut gloser à souhait sur les erreurs d’appréciation de l’arbitre du match, le Seychellois Eddy Maillet (qui décidément porte chance à l’Algérie puisque c’est lui qui avait arbitré également leur fameux match de barrage au Soudan contre l’Egypte), notamment sur le but du 3-3 refusé à Kolo Touré alors qu’il n’était vraisemblablement pas en position de hors-jeu, mais il faut sportivement reconnaître que sur l’ensemble de la rencontre, les Algériens n’ont pas volé leur qualification pour les demi-finales. Les « Orange et Blanc » de la lagune Ebrié sont certes constellés de stars et de talents, mais on a parfois le sentiment qu’il leur reste à former une équipe au vrai sens du terme.

Dimanche, ils ont surtout manqué de rigueur dans le placement, et après le but de Kader Kéita à la 91e mn, le joker de luxe de Vahid Halilhodzic, on a eu l’impression que Didier Drogba et ses camarades pensaient l’affaire pliée et n’étaient déjà plus dans le match. Jusqu’au réveil douloureux la minute d’après, suite à l’égalisation de Madjid Bougherra qui arrachait, du même coup, la prolongation. Dès lors, les Fennecs avaient l’ascendant psychologique sur leurs adversaires, cette même force de caractère qui leur avait permis de résister au terrorisme sportif des Pharaons lors de l’ultime journée des éliminatoires.

A vrai dire, on a un peu mal pour nos cousins ivoiriens, et c’est malheureux pour ces garçons talentueux qui n’ont hélas pas encore remporté de trophée et qui ont peut-être manqué là une belle occasion d’accrocher cette coupe à leur tableau de chasse après leur participation à la finale de la CAN en 2006 et à la demi-finale en 2008. Il faut surtout craindre que ce genre de défaite ne soit destructeur et ne préfigure d’une fin de cycle surtout que tous n’ont plus 20 ans.

Il n’empêche qu’au vu de leurs prestations, les Eléphants restent, malgré tout, les meilleurs ambassadeurs du football africain au Mondial. En fait, le principal adversaire de Drogba et Cie, c’est d’abord eux-mêmes, c’est leur espèce de morgue, leur trop grande assurance, celle qui faisait dire à certains dirigeants ivoiriens qu’ils allaient en Angola pour ramener la coupe à Abidjan, là où des nations plus capées faisaient dans l’humilité bien compréhensive parce qu’à ce stade de la compétition, il ne faut négliger aucun adversaire même le plus modeste. Qu’ils gagnent d’abord ce combat de l’humilité contre eux-mêmes et ces garçons qui jouent, ne l’oublions pas, dans les meilleurs clubs au monde, ne craindront plus personne.

Cela dit, quand on a vu un match époustouflant comme celui de dimanche, on se demande parfois si les Etalons du Burkina sont assis au même moment devant leur poste téléviseur. Certes, ils ne peuvent se comparer aux Eléphants dont ils n’ont pas le talent ; en plus, le Burkina Faso n’a ni les moyens ni une politique de relève comme c’est le cas dans les plus grands pays de foot mais là où le bât blesse, c’est quand ils n’ont pas le cœur à l’ouvrage, quand ils ne se battent pas, quand ils ne sont pas rigoureux pour compenser leurs trop grandes lacunes techniques et tactiques.

Faut-il se résoudre à croire que nous forçons et que jamais nous n’entrerons dans la cour des grands, ou, faut-il croire, malgré tout, en des lendemains meilleurs pour notre sport-roi ?

Hyacinthe Sanou/ Voice of America

 
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