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Discours d'acceptation du Nobel de la Paix de Barack Obama
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Publié le 10/12/2009 18:07 par

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Photo : Guerre et paix.
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Le Président a reçu son prix Nobel, son diplôme, sa médaille en or et le chèque qui va avec. 1,4 million £  Depuis sa nomination à ce titre, les commentaires n’ont pas tari sur la "légitimité" de Barack Obama pour cette haute distinction. Pour les uns, ce sont les résultats qui ne sont pas encore là. Et pour les autres, Barack Obama est à la tête d’un pays sur le front de deux guerres. Comment concilie-t-on la guerre et la paix ? C’était l’objet du discours du Président Obama. "Je suis venu ici avec un sens profond du coût du conflit armé ; imprégné de questions difficiles sur les rapports entre la guerre et la paix et notre effort de remplacer l’une (la guerre) par l’autre (la paix)". Un beau et très grand discours.

Après les réponses du Président du Nobel, Thorbjorn Jagland, le Président Américain a lui-même précisé les choses, en parfait Général des Troupes. Le fameux Commandeur-in-Chief s’est révélé imparable à la fois par les références historiques et par la philosophie de l’ensemble du discours. Quant à la tonalité du speech, l’attention studieuse de l’audience parlait à elle toute seule.

C’était un très grand et beau discours. Un discours de politique aux accents de discours philosophique, juridique, d’histoire, de discours de théorisation de la guerre qui a commencé par l’origine des conflits avec l’apparition du premier homme sur terre. Un très très grand Barack Obama.

Quand on a écouté ce discours, on est, comme le comité du Nobel, convaincu que ce Président là fera de très grandes choses. A condition que, comme l’a dit le Président du Comité du Nobel, que le reste du monde prenne la nomination de Barack Obama comme un appel à l’action pas seulement pour lui tout seul, mais pour nous tous.

 

Président Obama. "Majesté, son Excellence Royale, membres distingués du Comité Norvégien de la Paix, citoyens de l’Amérique et citoyens du Monde.

Je reçois cet honneur avec une grande gratitude et une grande humilité. C’est un honneur qui interpelle nos aspirations les plus hautes, qui nous rappelle que, pour toutes les cruautés et les souffrances de notre monde, nous ne sommes pas seulement tributaires de la fatalité. Nos actions comptent et peuvent faire pencher l’histoire dans le sens de la Justice.

Oui, je me montrerais léger si je ne reconnaissais pas la controverse que votre décision généreuse a soulevée. Cela s’explique en partie parce que je suis au début et pas à la fin de mes actions sur la scène internationale. Comparé à quelques géants de l’histoire qui ont reçu ce prix - Schweitzer et King ; Marshall et Mandela - mes réalisations sont minces. De plus, il y a des hommes et des femmes à travers le monde qui ont été emprisonnés et battus dans leur quête de justice ; ceux qui travaillent dur dans les organisations humanitaires pour soulager la souffrance ; ceux par millions dont les actions silencieuses de courage et de compassion inspirent même les plus grands cyniques. Je ne peux pas argumenter contre ceux qui trouvent que ces hommes et femmes - certains connus, d’autres méconnus, sont plus méritants que moi, au titre de Nobel de la Paix.

Mais peut-être que la question la plus importante concernant mon élection à ce prix est le fait que je sois le Commandant en Chef d’une nation engagée dans deux guerres. Une de ces guerres est en train de se terminer (l’Irak). L’autre est un conflit que l’Amérique n’a pas cherché ; un conflit dans lequel l’Amérique est rejointe par 43 autres pays - y compris la Norvège - dans un effort pour nous défendre ainsi que les autres nations des attaques futures.

 

"Nos actions comptent et peuvent faire pencher l'histoire dans le sens de la Justice"

Quoi qu’il en soit, nous sommes en guerre et je suis responsable du déploiement des milliers de jeunes Américains pour combattre dans un pays lointain. Certains devront tuer. D’autres seront tués. Alors, oui, je suis venu ici avec un sens profond du coût du conflit armé ; imprégné de questions difficiles sur les rapports entre la guerre et la paix et notre effort de remplacer l’une par l’autre.

Ces questions ne sont pas nouvelles. La guerre, d’une façon ou d’une autre, est apparue avec le premier homme. A l’aube de l’histoire, sa moralité n’était pas en cause ; c’était un fait comme un autre, comme la sécheresse ou la maladie ; c’était la façon dont les tribus et les civilisations cherchaient à établir leur pouvoir et à établir leurs différences.

Avec le temps, au fur et à mesure que les codes juridiques ont cherché à contenir la violence entre les groupes, les philosophes, les hommes de loi et les hommes d’Etat ont cherché à réguler le pouvoir destructif de la guerre. Le concept d’une guerre juste a ainsi émergé, suggérant que la guerre pouvait se justifier seulement lorsqu’elle remplit certaines conditions ; en particulier si elle est utilisée en dernier ressort ou dans le cadre de la légitime défense ; si la force employée est proportionnelle et si, à chaque fois qu’il est possible, les civils sont épargnés par la violence.

Pour une bonne partie de l’histoire, ce concept d’une guerre juste était rarement observé. La capacité des êtres humains à penser de nouvelles manières de s’entretuer s’est révélée sans limites tout comme notre capacité à accorder le pardon à ceux qui sont différents ou prient un Dieu différent. Les guerres entre les armées ont entraîné les guerres entre les nations - des guerres totales dans lesquelles la distinction entre les combattants et les civils s’est estompée. En l’espace de 30 ans, ces carnages engloutiront deux fois ce continent (l’Europe). Alors même qu’il est difficile de concevoir une cause plus juste que la défaite du IIIème Reich et des Puissances de l’Axe, la Seconde Guerre Mondiale a été une guerre où le nombre total de civils tués à excédé le nombre de soldats tués.

...

Je n’ai pas emporté avec moi aujourd’hui une solution définitive aux problèmes posés par la guerre. Mais ce que je sais c’est que relever les défis posés par la guerre nécessitera la même vision, le même travail laborieux et la même persistance dont ont fait preuve ces hommes et femmes qui ont agi si puissamment au cours des décennies passées. Cette vision nous conduira aussi à réfléchir différemment sur la notion d’une guerre juste et sur les impératifs d’une paix juste.

 

"Les instruments de la guerre ont un rôle à jouer dans la préservation de la paix"

Nous devons commencer par reconnaître la dure réalité que nous n’éradiquerons pas les conflits violents au cours de la durée de nos vies. Il y aura des moments où des nations - agissant seules ou de concert - trouveront l’usage de la force non seulement nécessaire mais moralement justifiée.

Je fais cette déclaration en ayant conscience de ce que Martin Luther King avait dit dans cette même cérémonie il y a des années :"la violence n’apporte jamais une paix durable. Elle ne résout aucun problème social ; au contraire, elle en crée de nouveaux et de plus compliqués encore". Etant une conséquence directe du Travail de toute une vie du Dr. King, je suis un témoignage vivant de la force morale de la non violence. Je sais qu’il n’y a rien de faible ni de passif ni même de naïf dans le crédo et dans les vies de Gandhi et de King.

Pourtant, en tant que Chef d’un Etat qui a prêté serment de défendre ma nation, je ne peux pas être guidé seulement par leurs exemples. Je vois le monde tel qu’il est et je ne peux pas rester sans rien faire devant les menaces qui pèsent sur le peuple Américain. Ne vous trompez pas : le Mal existe dans le monde. Un mouvement non violent n’aurait pas pu stopper les armées de Hitler. Les négociations ne convaincront pas les leaders d’Al Qaeda de déposer les armes. Dire que la force est parfois nécessaire n’est pas un appel au cynisme ; c’est une reconnaissance de l’histoire, des imperfections de l’homme et des limites de la raison.   ... Suite du discours ici dans scenepublique.com

Par Elise Mbock

 
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