Les pays du Maghreb parviendront-ils à s'entendre «économiquement» alors que sur le plan politique des divergences de taille bloquent pour l'heure toute velléité d'entente et d'union concrète ? La question mérite vraiment d'être posée à la veille de l'organisation de la 1ère édition de la Foire maghrébine prévue au Palais des expositions, Pins maritimes à Alger du 26 novembre au 1er décembre prochain. Les organisateurs de la manifestation sont en tous les cas convaincus que cette première foire, qui verra cependant la défection de la Mauritanie, sera l'occasion de nouer des contacts et de « solidifier » les relations entre les différents pays et ce malgré tous les problèmes politiques en suspens.
Dans une conférence de presse organisée hier par les responsables de la Société algérienne des foires et expositions (SAFEX), le ton était plutôt à l'appel à l'Union économique du Maghreb. Le but, soutient M. Slimani Mouloud, directeur de la promotion et de la coopération au sein de la SAFEX, c'est « la recherche d'une intégration maghrébine à long terme ».
A ceux qui affirment que la coopération économique entre les pays maghrébins est bloquée par la fermeture des frontières terrestres entre l'Algérie et le Maroc, M. Slimani répond le contraire et soutient que la participation de notre voisin de l'ouest à la foire en est la meilleure preuve. Il soulignera que même si les frontières terrestres sont fermées, il n'en demeure pas moins que le commerce et les échanges commerciaux s'effectuent par voies maritime et aérienne, dont les frontières sont ouvertes. Le Maroc, faut-il le souligner, participe à cette première édition de la Foire maghrébine avec quelque 32 exposants et autant d'entreprises représentant différents secteurs d'activités, occupant ainsi la deuxième position en terme de nombre d'exposants après la Libye. Cette dernière, mis à part l'Algérie, le pays hôte de la manifestation qui participe avec 189 exposants, occupe la première place avec 35 exposants pour une surface d'exposition de 600 m². La « déception », si on peut l'appeler ainsi, vient plutôt de la Tunisie. Notre voisin de l'Est, avec lequel l'Algérie a des échanges commerciaux qui dépassent de très loin ceux avec le Maroc et la Libye réunis, ne participe qu'avec 11 exposants. Ce n'est pas un manque de considération à l'événement qu'organise pour la première fois notre pays, soutiennent les organisateurs.
D'après Ali Farrah, directeur du commerce au sein de la SAFEX, cela pourrait s'expliquer par le fait que la Tunisie a participé à tous les salons spécialisés qu'a organisés l'Algérie cette année 2008. Il soulignera que la Tunisie a participé durant cette année avec quelque 160 exposants aux salons dédiés à des secteurs précis. Concernant l'absence de la Mauritanie, les organisateurs du salon maghrébin ont affirmé hier qu'aucune explication n'a été fournie par ce pays qui a pourtant été choisi lors de la réunion de préparation de l'événement qui s'est déroulée en Tunisie « pays à l'honneur » lors de cette première édition. Mais tout le monde aura compris que la « défection » de la Mauritanie incombe plutôt à la situation politique interne du pays depuis la destitution par la force du président élu. Il y a lieu de signaler par ailleurs que les responsables de la SAFEX ont décidé de déployer quelque 200 agents de sécurité à l'intérieur du Palais des expositions, sans compter les éléments de la police qui seront positionnés dehors pour sécuriser et veiller au bon déroulement de cette première édition de la Foire maghrébine.
Z. Mehdaoui



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