Quelque 90 hommes d'affaires japonais, représentants de 23 compagnies, banques et organismes nippons, menés par le « Japan Business Federation (Keidanren), ont pris part avec leurs homologues algériens, dont ceux du FCE, à la 6e session du Comité économique algéro-japonais qui s'est déroulée hier à l'hôtel Hilton. La rencontre a été placée sous le thème de la « nouvelle dynamique pour un partenariat diversifié ». Le ministre de l'Industrie et de la Promotion des investissements, Abdelhamid Temmar, était présent à la cérémonie d'ouverture des travaux de cette session.
Au centre de cette rencontre, le développement des relations économiques entre l'Algérie et le Japon pour les porter au-delà du commerce et des investissements dans le secteur des hydrocarbures. « L'examen de l'état des relations économiques et commerciales entre nos deux pays nous porte, en effet, à penser que le potentiel de cette coopération n'est pas encore suffisamment exploité », a d'emblée déclaré le président du FCE, Réda Hamiani. Pour illustrer son propos, le coprésident du Comité constate que les importations algériennes « sont concentrées pour plus de 90% sur les biens d'équipement et les demi-produits » alors que nos exportations « restent dominées pour plus de 98% par les hydrocarbures et les produits dérivés ». Il dénombre la présence de « 11 grandes entreprises japonaises activent en Algérie dans des domaines tels les travaux publics, l'exploitation minière, le domaine pétrolier », avant de constater que « les investissements japonais sont plutôt concentrés dans le secteur des hydrocarbures ».
Du côté japonais, M. Yoshihiro Shigehisa, coprésident du Comité et président de JGC Corporation, a plaidé lui aussi pour « davantage de coopération entre les entreprises japonaises et algériennes ». « Nous pouvons contribuer, dit-il, dans plusieurs domaines » citant l'autoroute, l'aménagement des ports, l'habitat, les eaux usées et bien d'autres secteurs. Mais, tient-il à préciser avant de clôturer son intervention, « les entreprises japonaises déjà présentes en Algérie rencontrent des problèmes ».
Citant, sans la nommer, l'entreprise COJAL qui travaille sur un segment de l'autoroute Est-Ouest. Sans préciser la nature des problèmes rencontrés, Shigehisa préconise une « révision de la législation » avant de souhaiter une «prise en charge rapide de ces problèmes».
Intervenant en dernier, lors de cette séance d'ouverture, Temmar, après avoir décrit un «pays stable», un «marché totalement ouvert» et la «stratégie industrielle» adoptée par l'Etat, insiste longuement pour démontrer qu'à bien des égards, l'environnement de l'investissement en Algérie est «un des plus libéraux». «Nous avons simplifié notre code des investissements. Il est certainement le plus libéral de toute la sous-région», a-t-il défendu, usant du même argument pour le système douanier. Ajoutant à l'attention des opérateurs japonais que «si l'investisseur n'a pas besoin de l'aide de l'Etat, il peut aller là où il veut pour investir tout seul ou en s'associant à un privé ou à une entreprise publique».
«Ne réfléchissez pas socialiste»
«Je ne vois pas comment on peut s'ouvrir plus », a ajouté le ministre de l'Investissement qui a constaté que « pas une seule compagnie japonaise présente en Algérie n'a investi hors hydrocarbures».
Avant de clore son intervention, Abdelhamid Temmar a émis le souhait de pouvoir placer une vingtaine de cadres algériens, notamment des industriels, pour « apprendre à travailler dans des entreprises japonaises », comme cela a été fait avec la Corée du Sud et l'Allemagne, a-t-il précisé.
Interrogé en marge du point de presse organisé avant le début des travaux en plénière, à propos des problèmes dont il a fait état lors de son intervention de l'ouverture, le président de JGC Corp., Yoshihiro Shigehisa, qui visiblement ne voulait pas aborder le fond des choses s'est juste contenté de nous dire: «ne réfléchissez pas socialiste, c'est un des grands problèmes», avant de souhaiter l'établissement d'une «meilleure communication » entre les deux pays dans le domaine économique.
La journée d'hier s'est poursuivie en deux sessions. La première a été consacrée à la « situation économique et l'environnement des affaires » en Algérie, suivie d'une seconde session réservée à l'exploration des secteurs-clés du partenariat. Ont été retenus dans le programme des débats, les secteurs de l'énergie (dont les énergies renouvelables), le « développement des infrastructures » (autoroutes, installations portuaires) et le secteur de l'habitat. La partie algérienne a également présenté les « perspectives de partenariat dans les secteurs » de la pêche, de la pharmacie, de l'électronique, des TIC et de l'automobile.
A noter que parmi les entreprises japonaises représentées lors de cette 6e session du Comité économique algéro-japonais figurent : Hamaza (construction), IHI (engineering), Itoshu (équipements et machineries), JGC (énergie), Marubeni (industries de l'énergie, de la chimie, de l'alimentaire et autres équipements).
Le secteur de l'électronique était représenté par NEC et Sharp. Quant au secteur bancaire, il était représenté par la Japan Bank for International Cooperation, The Bank of Tokyo Mitsubishi UFJ Ltd., et la Sumitomo Mitsui Banking Corporation.
Mohamed Mehdi du quotidien d'Oran, site partenaire



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