52 400 chômeurs de plus au mois d’Octobre en France. Ce qui fait un nombre total de chômeurs de 2 627 300 à fin Octobre. Depuis le printemps 2008, la France a perdu 600 000 emplois, précise Dominique Seux dont 100 000 sur les 3 derniers mois. Pour Bernard Maris, au bout de 2 ans et demi de réformes, c’est l’échec de la politique de l’emploi du gouvernement.
Dominique Seux. Le bruit médiatique général sur l’identité nationale et sur les régionales donne l’impression que la crise est finie. Pourtant, la crise est toujours là. Dans l’industrie par exemple, l’activité est de moins 10% par rapport à l’année dernière.
600 000 emplois ont été perdus depuis le printemps 2008 dont 100 000 ces 3 derniers mois. Il y a une lassitude des médias. Le gouvernement a raison de maintenir les béquilles et de réfléchir à l’après crise. D’où les mesures comme la suppression de la taxe professionnelle et la réforme des collectivités territoriales.
Les entreprises vont mettre du temps à s’en remettre. Ce n’est pas fini. Notre modèle social dont on vante les mérites est quand même mis en question : il faut ouvrir la réflexion sur la crise et le chômage. Trois pays de l’Union Européenne seulement ont un taux de chômage supérieur au nôtre.
Bernard Maris fait la même lecture. La crise est là. 2 ans et demi que le gouvernement est en place et qu’il fait des réformes. Echec de la politique de l’emploi du gouvernement. La flexisécurité s’est transformée en insécurité professionnelle.
Dominique Seux. Une réorganisation des services publics à l’emploi est nécessaire. Le Pôle emploi n’a pas assez de moyens. En Grande Bretagne, les jobs center ont augmenté leur effectifs de 60 000 personnes à 70 000. En France, il y a 48 000 personnes. Il faut augmenter les moyens consacrés à l’accompagnement des demandeurs d’emplois. Une centaine de milliers d’emplois sont vacants.
Deuxième sujet : les Emirats de Dubai, petit pays du golfe qui se retrouve au banc de la faillite.
Bernard Maris. Abu Dhabi s’est illustré dans des projets de service qui ne se vendent pas. La rente pétrolière finance tout ce que fait Dubai. Une fois de plus, on admire le travail magnifique des agences de notation qui n’ont rien vu venir ou qui n’ont rien dit. La rente pétrolière appartient à l’humanité. Elle n’est pas destinée à financer des investissements totalement délirants.
Dans cette affaire, ce sont les banques et les entreprises immobilières (Bouygues et Cie) qui vont être touchées. Dominique Strauss Kahn, le patron du FMI, a rappelé la semaine dernière que 50% des actifs des Banques étaient des produits toxiques et les banques font semblants de l’ignorer.
Dominique Seux. Dubai c’est 60 kms et les projets sont pharaoniques : une tour d’un km de hauteur ; un aéroport qui se voulait plus grand que celui de Chicago. L’accent a été mis sur le tourisme comme ces stations de ski en plein désert. En annonçant hier, à la clôture des marchés l’incapacité d’honorer l’échéance de sa dette, le Holding de Dubai a créé la panique sur les marchés et semé le doute sur la solidité de la holding.
Cet évènement confirme qu’il y a encore des poches percées dans les banques. Les Banques européennes ont investi pour 13 milliards d’euros à Dubai. L’évènement met également l’accent sur le risque souverain qui concerne également le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et en Europe, le Portugal, l’Irlande et la Grèce où la dette publique explose.
La Bundesbank estime les actifs toxiques de ses banques à 80 milliards.



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