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Crise. Le changement de doctrine du Président Nicolas Sarkozy
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Publié le 06/02/2009 11:56 par

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Photo : Le capitalisme ne peut plus fonctionner sans le pacte social
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La crise n'est définitivement plus ce qu'elle était. En 1981-83 et en 1995, la crise s'est soldée par le tournant de la rigueur. En 2008-2009, c'est exactement l'inverse : on accélère les réformes. Mais quelles réformes ? Et quelles méthodes ?

Bien sûr, la suppression du premier tiers prévisionnel de l'impôt sur le revenu ne concerne pas les nouveaux pauvres et tous ceux qui ne sont pas assujettis à l'impôt sur le revenu, les oubliés des réformes ; bien sûr que ce qui intéresse les travailleurs c'est l'arrêt des licenciements et le déblocage des salaires dont on n'a pas entendu les options, hier et peut-être que les caisses des patrons sont pleines et que la crise a bon dos ; bien sûr qu'il fallait parler de la Guadeloupe bloquée depuis 18 jours et qui fait partie de la République française ; bien sûr que la vie est chère et que lorsqu'on gagne 1400 euros et qu'on remplit un caddie chez Auchan ou chez Carrefour, on sent la note passer et après cela, s'entendre dire qu'on fait partie de la classe moyenne après 15 ans de boîte chez PSA à Aulnay-sous-bois pour gagner 1 400 euros, le tranche du salaire moyen en France, le discours présidentiel d'hier n'avait pas de réponse ; d'une manière générale, les discours politiques sont ramassés : on parle de l'ensemble des problèmes qui concerne la France ; forcément, on sélectionne et on se place à un niveau catégoriel.

Bien sûr que l'exercice du Président ne peut pas répondre aux situations individuelles et les gens peuvent ressentir une grande frustration et s'installer dans le doute ; bien sûr que celui qui vient vous voir pour vous parler d'un mal de dos et que vous lui répondez par la réforme sur le traitement de la douleur en ressort avec une grande incertitude quant à savoir quand il va être soulagé ; bien sûr que le calendrier présidentiel de consultation avec les partenaires sociaux ne comportait pas de précision quant à sa durée, ce qui a fait dire à Roland Cayrol, Directeur de l'Institut des sondages CSA que l'extensibilité et l'élasticité du calendrier pouvait engendrer le doute ; bien sûr que la suppression de la taxe professionnelle peut fragiliser les comptes des collectivités territoriales. L'ouvrier de PSA présent sur Inter et syndiqué a donné l'exemple des finances publiques de la ville d'Aulnay-sous-bois dont la taxe professionnelle représente 50% du budget de la ville ; bien sûr que le plein emploi c'est fini et que, selon le chef d'une PME, créée il y a 10 ans qui emploi 40 personnes aujourd'hui et qui gagne 4 000 euros mensuels, il faut sortir du système de la protection sociale qui date du 19ème siècle financé exclusivement par le travail. Chaque hausse de salaire va avec les charges sur l'assurance chômage, maladie et retraite. Lui par exemple, il a augmenté le salaire de 60 euros mensuels par employés. Individuellement, c'est peut être rien. Mais la facture globale agrementée des charges représente beaucoup pour l'entreprise. Il faut décharger les entreprises. Etc... Finalement, 95 mn, c'est long pour l'exercice présidentiel et c'est court pour satisfaire tout le monde.

Finalement, 95 minutes, c'est long et c'est court.

Après le discours du Président de la République, vient le temps des réactions, analyses et commentaires et des débats. Sur Inter, ce matin, outre le florilège qui débute ce billet, le débat économique hebdomadaire a fait ressortir quatre points au moins. Premier point : la crise n'est plus ce qu'elle était : avant, elle donnait lieu à la rigueur, aujourd'hui, c'est un accélérateur des réformes. Deuxième point. On note un changement de doctrine du gouvernement qui intégre le fait que le capitalisme ne peut plus fonctionner sans le pacte social. Troisième point. On relocalise et on reterritorialise. Et, pour cela, c'est le quatrième point, on doit en passer par la case déchargement des entreprises et la suppression de la taxe professionnelle ; impôt local le plus lourd et le plus imbécile (aux dires des Présidents Mitterand et Chirac).

Sur le plan de la méthode, Bernard Maris note un changement de doctrine économique. Le Président parle de pacte social et propose une négociation la plus large possible avec les partenaires sociaux, à partir du 18 Février. La balle est désormais dans le camp des partenaires sociaux. On note également que le Président a clairement désigné les coupables de la crise : agences de notation, paradis fiscaux, traders, pratiques de faux bilans. On les connaissait tous mais, comme on dit, ça va mieux en le disant. Autre changement de méthode, le politique va prendre le relais du tout économique.

Le virage politique

On revient à la régle des 3/3 établie par Jacques Delors : 1/3 pour les actionnaires et les bénéfices ; 1/3 pour les salaires et 1/3 pour l'investissement. B. Maris regrette que le Chef de l'Etat n'ait pas choisi de plafonner les revenus des grands patrons comme Obama vient de le faire.

La taxe professionnelle sera supprimée en 2010. Dominique Seux rappelle qu'il s'agit d'une annonce qui date de François Mitterand. La taxe professionnelle rapporte 8 milliards à l'Etat. Nicolas Sarkozy a proposé de la remplacer par une taxe écologique par exemple. Le Gouvernement a annoncé 1 000 projets dans 100 départements avec une répartition égale de 10 projets par départements. Le Ministre de la relance, Patrick Devedjian a précisé qu'il faisait le choix de l'investissement à la place de la consommation comme seul choix susceptible de conduire à la création d'emplois. Choix reprécisé hier par le Chef de l'Etat. Le Ministre de la relance avait parlé de localisation du travail. Cette localisation du travail ira de pair avec une grande réforme des collectivités territoriales. Le développement local est le maillon faible de notre économie. Il était temps que l'Etat s'en aperçoive, depuis le temps qu'on parle de la Décentralisation qui trouve tout son sens dans des projets de développement locaux.

Suppression du premier tiers prévisionnel remonte elle aussi au Ministre du Budget, Nicolas Sarkozy en 1994, après la crise de 1993. Ce qui fait dire à D. Seux que les recettes ne sont pas véritablement nouvelles. Certaines choses avaient déjà été dites dans les discours présidentiels de Toulon et de Douaï. Ce qui l'intéresse lui, c'est le monde d'après ?

Le monde d'après ? Londres – la solidarité européenne et le jeu international

Quand on suit les orientations par Barack Obama et les débats qui ont cours actuellement en Amérique, on note quand même que les préoccupations sont les même : répartition entre les salaires et dividendes ; choix de l'investissement ; choix des taxes écologiques ; critique des salaires exorbitants de certains patrons ; repositionnement de la classe moyenne au centre de l'économie ; la relocalisation ; critique du off shore et de l'irresponsabilité des places financières et Obama a des mots très durs envers ses places. Il a parlé du « sommet de l'irresponsabilité » ; de la » honte » de certains comportements qui y ont cours qu'il a également qualifié de » scandaleux ». La sénatrice démocrate Sen. Claire McCaskill, D-Missouri, très remontée a même parlé d'une « bande d'idiots qui jettent de la poussière à la face des américains », en signe de mépris. Revaloriser les classes moyennes et les installer au coeur de l'économie ont été un thème de campagne de Barack Obama.

Toutes ces préoccupations communes indiquent qu'on est déjà dans le monde d'après.

G20 se tiendra à Londres entre le 2 et 3 Avril prochain

Maintenant quid de la solidarité européenne ? Gordon Brown fait presque campagne pour la réforme de Bretton Woods à Davos. Le Président Nicolas Sarkozy critique "fortement" la République Tchèque, dont le Président est le Président actuel de l'Union Européenne, pour ses pratiques qui encouragent les délocalisations. Encensée hier, londres serait ralliée parce qu'elle n'a plus d'industries. Etc.. On apprend de Bernard Seux qu'un G20 se tiendra à Londres entre le 2 et le 3 Avril prochains.

Peut-être y codifiera-t-on le souhait de B. Maris de voir l'économie mondiale s'appuyer sur un panier de monnaies : le dollar, l'euro, le yen et le yan et s'éloigner de l'indexation à partir du dollar US. Inch Allah !

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Elise Mbock

 
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