A Washington, les 20 chefs d'Etat et de gouvernement participant au g20 n'ont pas remis en cause la philosophie du système économique et financier mondial. Ils ont mis choisi de mettre en place une feuille de route pour quelques réformes.
A Washington, les 20 chefs d'Etat et de gouvernement n'ont pas remis en cause la philosophie du système économique et financier mondial; ils ont mis en place une feuille de route pour quelques réformes.
Ce sera aux ministres des Finances du « G20 » de préciser les contours de ces réformes. Rendez-vous est pris pour un deuxième « G20 » en mai 2009 à Londres.
Comme attendu par les analystes économiques, le Sommet du « G20 » s'est clôturé samedi soir à Washington beaucoup plus sur un diagnostic des effets de la crise du marché financier mondial que sur l'annonce de réformes profondes du système économique mondial. Car la crise financière n'est, en réalité, que l'expression du dérèglement et les déséquilibres qui marquent le fonctionnement de l'économie mondiale. C'est en ce sens que la déclaration finale de cette rencontre affirme : « Nous sommes d'accord pour une réponse politique, fondée sur une coopération macro-économique pour rétablir la croissance mondiale. » Les 20 chefs d'Etat et de gouvernement des pays les plus industrialisés et ceux dits émergents ont annoncé un certain nombre de principes ou domaines d'intervention et mandaté leurs ministres des Finances pour élaborer, dans les trois mois qui viennent, un plan d'actions pour réactiver les mécanismes de la croissance économique et, surtout, de présenter un plan de prévention de crises qu'elles soient économiques ou financières.
Le communiqué final de Washington énumère cinq principaux niveaux d'intervention. Il s'agit de la limitation des aspects de la régulation des marchés financiers ; de la révision des normes comptables au plan mondial ; d'une plus grande transparence des produits dérivés du marché financier ; de la refonte des mécanismes de coopération entre les institutions financières et, enfin, de revoir les capacités de fonctionnement des institutions financières. Par ailleurs, les conférenciers ont déclaré leur volonté de renforcer le rôle du Fonds monétaire international (FMI) et celui de la Banque mondiale en leur intégrant dans les conseils d'administration de nouveaux pays dits « émergents » tels le Brésil, l'Afrique du Sud... Ils ont, en outre, appelé à une aide financière plus conséquente de ces deux institutions aux économies des pays les plus pauvres ou vulnérables.
En parallèle de cette feuille de route pour l'économie mondiale, le Sommet de ce premier « G20 » a appelé à relancer le cycle des négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui, signalons-le, est à l'arrêt depuis la dernière réunion de Genève, de juillet 2008, des ministres des Finances de l'Organisation. Juillet 2008 a sonné la fin du processus de « Doha » lancé en novembre 2001 et censé conclure sur un accord mondial au plus tard en janvier 2005. Faut-il voir dans cette première tentative de ce premier « G20 » une volonté réelle de révolutionner l'économie mondiale et son système financier ? Ce n'est pas évident, puisque le Sommet a accouché d'un plan de travail destiné à « raccommoder » les failles du système financier mondial sans remettre en cause sa philosophie : le profit.
A l'heure où la mondialisation prend un coup d'accélérateur et aspire les pays pauvres ou en voie de développement vers plus de dépendance des économies occidentales, il n'est pas certain qu'une simple réforme du système financier mondial garantisse une plus grande justice dans la répartition des richesses de l'économie mondiale. Voire même prévenir les crises cycliques inhérentes au système capitaliste mondial.
La déclaration consensuelle du Sommet de Washington a mis, par ailleurs, à jour les différences d'approche entre un Occident qui tente de sauver son propre système économique - avec des nuances entre Américains et Européens - et les nouveaux pays émergents tels la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, etc. Les prochains mois et années mettront aux prises deux conceptions du fonctionnement de l'économie mondiale et son levier, le marché financier, d'une part celle de l'Occident basée sur la totale liberté du marché, et d'autre part celle des pays émergents - et en voie de développement - dont le souci est de se protéger des excroissances de l'économie capitaliste, comme celle de la crise financière actuelle.
M'hammedi Bouzina Med, correspondant du quotidien d'Oran à Buxelles



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