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Le sommet du G20 en question
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Publié le 05/04/2009 22:59 par

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Photo : Nicolas Sarkozy
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"le monde s’est Le Sommet du G20, qui a réuni le jeudi 2 avril les dirigeants des principales puissances de la planète à Londres, s’est terminé sur un concert de satisfecit :"Il s’agit d’un compromis historique pour une crise exceptionnelle" selon Angela Merkel, rassemblé pour combattre la récession, pas avec des mots, mais avec des réformes" à entendre l’hôte du Sommet ; "jamais il n’y a eu un tel plan de relance économique coordonné au niveau mondial", a estimé, heureux.

Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, pour qui également, c’est le grand retour du FMI. Il n’est pas jusqu’à Pascal Lamy de l’OMC qui n’ait, lui aussi, tout loisir d’être satisfait, les dirigeants du monde ayant pris rendez-vous pour juillet en Sardaigne, dans le cadre du G7 élargi aux grands pays émergents, pour débloquer le cycle de négociation commerciale de Doha, lancé en 2001 et enlisé depuis.

Et pourtant, avant le sommet, que de questions, de craintes, de supputations au point qu’on pouvait redouter que la montagne accouche d’une souris ! La préférence anglo-saxonne du "laissez-faire laissez passer" heurte tellement la prédilection latine pour l’interventionnisme de Keynes que Nicolas Sarkozy avait même menacé de pratiquer la politique de la chaise vide.

Les Africains, eux, se demandaient s’ils seraient mieux représenter que d’habitude dans ces fora où on décide le plus souvent pour eux, sans même les avoir entendus. Or ils ont, c’est peut-être une première, eu droit à 4 voix au chapitre.

Tout est donc bien qui finit bien à entendre les uns et les autres rivaliser de superlatifs pour qualifier ce sommet, le consensus semblant l’avoir emporté sur les rivalités de clocher. Ne boudons pas, nous non plus, notre plaisir, car les ressources financières qui tomberont dans l’escarcelle du FMI, mille, oui, mille milliards de dollars, pourraient largement profiter aux Africains, puisqu’ils sont notamment destinés à soutenir les économies les plus menacées.

Et, comme plus exposé que le continent noir (pas seulement sur le plan économique), il n’y en à pas... Nous disons bien pourraient, car encore faut-il en connaître les conditionnalités et, surtout, pouvoir les remplir, l’austérité économique imposée jusque-là à ses clients par cette institution de Bretton Woods ne plaidant pas pour sa générosité et l’optimisme béat.

Sachons donc raison garder, gardons donc les pieds sur terre. Et puis, on ne le sait que trop, promesse de grand n’est pas héritage : sommet de Green Eagles, as-tu tenu toutes tes promesses, très mirobolantes ? Pays riches, respectez-vous seulement le pourcentage de vos PIB à verser sous forme d’aide publique au développement ?

Il ne suffira peut-être donc pas d’être une économie des plus touchées par la crise pour se voir renflouer. Par ailleurs, d’où la communauté internationale a-t-elle sorti, en un tour de bras comme un tour de passe passe de magicien cette colossale somme ? Les réserves de change du Japon et surtout de la Chine, entre autres, seront mises à contribution, sans oublier que 250 milliards seront financés par la création monétaire, en clair la planche à billets.

Et l’inflation qui pourrait en découler ? N’est-ce pas, disent certains, justement parce qu’on a créé ex nihilo trop de monnaie au cours des dix dernières années que des bulles spéculatives, origine de la crise, ont pu se former ?

En attendant, reconnaissons au moins que quatre sortes de mesures ont été prise pour sauver l’économie mondiale : de l’argent, de nouvelle règles de plus grande moralisation/réglementation du capitalisme, le renforcement des institutions internationales et l’admission des pays émergents, 12 au total, à la table des riches.

N’empêche que, dans l’euphorie du consensus, mondiale comme la mondialisation, un nœud gordien du problème, l’assainissement rigoureux des finances publiques du monde à long terme, n’aurait été abordé que du bout des lèvres, d’où cette inquiétude des Allemands, qui estiment qu’au lieu de rétablir la confiance, on va finir par faire réapparaître le spectre de l’hyperinflation.

Dubitatif ou prudent, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’il s’est félicité du paquet de mesures adopté, a jugé "essentiel que la part de cette somme destinée aux pays les plus pauvres soit effectivement livrée". Comme lui, attendons donc de voir les grands passer aux actes.

Ahl-Assane Rouamba de l'Observateur

 
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