Au premier trimestre 2009, la valeur des recettes des exprtations algériennes a atteint 10,74 milliards de dollars, soit une baisse de 42,07% par rapport à la même période en 2008. Pour la même période, la facture des importations a atteint 9,42 milliards de dollars, soit une hausse de 10,07%. La balance commerciale du pays reste ainsi excédentaire mais très faiblement. Cet excédent est de 1,32 milliard de dollars, contre 9,99 milliards de dollars durant la même période 2008. Ces données ne laissent plus aucune doute subsister : le pays est bel et bien affecté par la crise mondiale.
Le plus inquiétant encore est que sa situation financière risque de se détériorer encore plus dans les mois à venir par l'effet de la tendance baissière que subissent les cours du pétrole. Si cette tendance devait se poursuivre, il est attendu que la balance commerciale de l'Algérie plongera dans le rouge du déficit et les autorités se verront contraintes de puiser plus rapidement que prévu dans les réserves financières.
Considéré sous cet angle, le troisième mandat du président Bouteflika démarre sous de biens mauvais augures. L'on voit mal en effet comment le Président réélu pourrait tenir ses engagements électoraux avec une manne financière qui menace de se réduire comme une peau de chagrin.
Autant dire que l'euphorie de la victoire va être de courte durée pour lui, parce qu'il va lui falloir vite procéder à des révisions douloureuses dans l'utilisation des finances publiques et revoir à la baisse inévitablement les investissements étatiques, en renvoyant aux calendes grecques certains projets et objectifs.
Il y a que cela risque de faire exploser les impatiences populaires. Et ce qui se passe actuellement dans certaines wilayas du pays ne plaide pas pour un front social apaisé voulu ainsi par des citoyens conscients que la mauvaise conjoncture que traverse le pays leur fait obligation de taire leurs attentes.
Le gouvernement qui va être en charge des affaires du pays durant cette période, qui s'annonce celle des vaches maigres, ne sera pas à la fête. Les signes annonciateurs d'explosion sociale se multiplient, alors que Bouteflika promet qu'il poursuivra son programme et tiendra ses promesses électorales. Qu'en sera-t-il si le pays est contraint à une cure drastique d'économie ? La situation n'en deviendrait que plus explosive si Bouteflika, s'en tenant au concept étroit de la continuité, s'avise dans ce contexte de confier les affaires du pays à une équipe dans laquelle seraient reconduits ceux-là mêmes qui ont soutenu avec morgue que l'Algérie est à l'abri des impacts de la crise mondiale.
Officiellement, plus de 13 millions d'électeurs ont investi Bouteflika de leur confiance. Mais cette écrasante majorité ne lui sera d'aucun secours si l'horizon financier du pays continue de s'assombrir et le force à aller à contre-courant de ses promesses électorales. Il ne pourra en effet la conserver en lui faisant valoir qu'il a été contraint par la conjoncture. Ceci d'autant que son bilan de la période faste, bien qu'acceptable en beaucoup de points, n'a pas été un succès spécialement éclatant.
Kharroubi Habib



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