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Nicolas Sarkozy: Deux ans à l'Elysée, le bilan à mi-parcours
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Publié le 06/05/2009 12:42 par

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Photo : Nicolas Sarkozy
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"Il pensait être le président de l’emploi, il sera le Président de la crise économique et du chômage. Il est venu au pouvoir avec des intentions réformatrices, son quinquennat restera celui de la crise". Il, c’est le Président de la République, Nicolas Sarkozy vu par Nicolas Bavarez.

Ce matin, chez BFM radio, Stéphane Soumier recevait Nicolas Bavarez dans son émission matinale, Good morning business. Le Président Nicolas Sarkozy fête aujourd’hui ses deux ans à l’Elysée. Hier, il a sonné la cloche de début des élections européennes pour l’UMP. Nicolas Bavarez était donc invité pour commenter le bilan à mi-parcours. Cela passait par la revue de l’actualité économique.

L’actualité économique est marquée par la réforme de la fiscalité des multinationales de Barack Obama, par l’offre de reprise de Fiat du groupe General Motors Europe qui comprend Opel installé en Allemagne, par le chômage persistant bien sûr et par la campagne des élections européennes qui tarde à commencer. C’est que la crise masque tout. Elle masque les réformes et elle masque les élections européennes.

Comme l’a rappelé Nicolas Bavarez, il faut se saisir de l’évènement avant qu’il ne vous prenne par la gorge. Le problème c’est que la crise a déjà pris les Etats, les grands groupes et les citoyens à la gorge. Les Etats et les grands groupes se débattent donc avec des stratégies différentes. Les plans de relance et les réformes pour les Etats et la redéfinition des périmètres et des ambitions pour les grands groupes.

800 contrôleurs seront embauchés aux USA pour traquer l’évasion fiscale

Barack Obama propose de taxer les entreprises américaines qui s’installent dans les paradis fiscaux et l’évasion fiscale en général en transférant les bénéfices de leur groupe aux succursales à l’étranger. La traque à l’évasion fiscale nécessitera l’embauche de 800 contrôleurs financiers affectés à cette mission. Cela donne un ordre de grandeur de la fraude. L’opération devrait rapporter 210 milliards au fisc américain d’ici à l’horizon 2010-2012. Barack Obama a promis de réduire le déficit américain de 1 700 milliards de moitié à la fin de son mandat.

Le groupe Fiat, en voie de finalisation d’un accord de partenariat avec Chrysler, projette de reprendre Opel. Mais, l’Allemagne a posé des conditions draconiennes. Notamment l’exigence de l’implantation de la nouvelle structure en Allemagne et le paiement des impôts en Allemagne. Le maintien des 4 usines de production. Avec les syndicats on discute du nombre de licenciements.

Devant ces résistances, le groupe Fiat convoite désormais la branche GM de l’Amérique Latine.

GM (General Motors) doit présenter un plan de redressement viable à la fin de ce mois à l’administration Obama qui décidera ou non de sa mise en faillite judiciaire, comme c’est le cas pour Chrysler qui est techniquement en cessation d’activités. GM pourrait donc se délester de certaines branches et de certaines marques. Déjà annoncé, la fin de la fabrication de la Pontiac, icône de l'entreprise. Si Fiat réussit son opération, le groupe deviendrait le 2ème constructeur mondial, après Toyota.

1 ménage français sur 2 vit avec moins de 2 260 euros par mois

Les Etats bougent, les grands groupes bougent, l’opinion publique aussi. Le sondage du jour indique que 85 % de français trouvent notre Président dynamique. Mais 67 % pensent qu’il n’apporte pas de réponses à leurs problèmes. Il y a deux jours, un autre sondage disait que le nombre des déçus de l’action du Président s’établissait à 58 % moins que les 80 % observés au début de la crise. Les commentateurs en avaient déduit que les Français ont moins peur. Peut-être. Mais, c’est l’INSEE qui apporte la réponse la plus plausible aujourd’hui avec cette indication : 1 ménage français sur 2 vit avec moins de 2 260 euros par mois.

Ca veut dire quoi ? Qu’un ménage français sur 2 est constitué de deux smicards ou alors que dans un ménage sur deux, l’un des conjoints ne travaillent pas. Si tel est le cas, ces ménages avaient nourri beaucoup d’espoir lors de la campagne présidentielle où le candidat Nicolas Sarkozy promettait le "travailler plus pour gagner plus" (discours en direction des smicards) et sur sa variable, la promesse d’un plein emploi. S’étant positionné comme le candidat du travail, ceux qui n’en avaient pas s’y voyaient déjà - dans un emploi. Ce discours là c’était avant la crise.

L’analyse de Nicolas Bavarez*

Voilà donc le contexte historique et économique dans lequel Nicolas Bavarez est intervenu. Pour rappeler ce qui s’est dit lors de la campagne présidentielle et pour le justifier de la manière suivante. Au moment de la campagne présidentielle, les intentions réformatrices se fondaient sur une réalité économique : une croissance mondiale à 5,50 %. Aujourd’hui, elle est de moins 4 %. Un commerce mondial à 10 %. Aujourd’hui il est de moins 10 %. En France, le taux de chômage est passé à 10 % et le taux de croissance est de moins 3 %. Tous les clignotants sont au rouge.

Dans ces conditions, lui a demandé Stéphane Soumier (l’animateur de Good morning Business - BFM radio), pourquoi ne pas adapter le discours à la réalité ? Travailler plus pour gagner plus c’est fini. Travailler plus peut-être. Quand à gagner plus, c’est fini. D’autre part, pourquoi ne pas reconnaître qu’à un moment donné, il faudra envisager une hausse des impôts et reconnaître que le paquet fiscal est déjà obsolète.

Réponse de Nicolas Bavarez. La crise masque les réformes tout comme le style présidentiel peut masquer le fond de son action. On reproche au Président d’avoir un style qui crée des tensions là où il faudrait plus d’unité. Ce style est de nature à ajouter des tensions aux tensions déjà installées. Pourtant, les heures supplémentaires non taxées, c’était une bonne mesure tout comme le statut d’auto-entrepreneur qui marche très bien.

La réponse à la crise c’est la productivité

La réponse à la crise c’est la productivité. Or, en France on a un Etat improductif quel que soit le niveau des dépenses ; un secteur privé trop petit, trop éclaté et dualiste. Puis on a un problème majeur de cohésion sociale. Comment on concilie l’urgence et les investissements de moyen terme ? C’est déjà un problème. Lire la suite de l'article ici.

*Nicolas est défini comme économiste historien. Il est notamment l’auteur de la France qui tombe.

Par Elise Mbock - scenepublique .com

Lire les projets d’investissements du plan de relance de Patrick Devedjian ici

Lire ici 60 jours pour GM et 30 pour Chrysler pour présenter un plan de restructuration viable

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