Pour prouver son innocence, qu’il ne cesse de clamer depuis son interpellation, le diplomate algérien Mohammed Ziane Hasseni, inculpé en France pour « complicité d’assassinat » de Ali Mecili, a accepté mercredi de se soumettre à des tests ADN, indique l’AFP qui cite Me Jean Louis Pelletier, un de ses avocats. Ce dernier a affirmé que son client a été auditionné par le juge d’instruction et « s’est soumis à des tests ADN et à des prises d’écriture » sans toutefois préciser les délais d’analyse de ces tests.
Visé par un mandat d’arrêt international émis en décembre 2007 par la France, M. Hasseni avait été interpellé le 14 août à l’aéroport de Marseille, inculpé de « complicité d’assassinat » et placé sous contrôle judiciaire. Responsable du protocole au ministère des Affaires étrangères algérien, M. Hasseni clame son innocence et affirme être victime d’une homonymie. Le 15 octobre dernier, le diplomate algérien avait déjà annoncé qu’il acceptait de se soumettre à des tests ADN. « Après avoir refusé de se soumettre aux tests ADN (...), mon client a finalement exprimé son acceptation du test salivaire qui doit l’innocenter», avait déclaré Me Pelletier.
Auparavant, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris avait confirmé l’inculpation pour « complicité d’assassinat » de Mohammed Ziane Hasseni, soupçonné d’avoir commandité le meurtre de Ali Mecili, assassiné par balles dans le hall de son immeuble à Paris le 7 avril 1987. « Nous avons reconstitué la biographie de notre client avec la copie originale de son livret de famille, son livret militaire et même des photos (...) Nous n’aurions jamais pensé que cela ne suffirait pas pour convaincre de l’erreur de personnes», a ajouté l’avocat. L’avocat de la famille Mecili, Me Antoine Comte, avait indiqué fin septembre que le diplomate avait eu la possibilité le 1er septembre, lors de son audition par le juge d’instruction Baudouin Thouvenot, de se soumettre à un certain nombre d’expertises que le magistrat lui avait demandées (expertises graphologiques, test ADN, ndlr), qui auraient permis de trancher cette question selon laquelle il n’est pas la personne recherchée.
Le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, avait « instamment » demandé le 15 octobre à Paris à son homologue français Bernard Kouchner que les autorités françaises règlent rapidement la situation du diplomate, toujours placé sous contrôle judiciaire. Le chef de la diplomatie algérienne a aussi fait part à M. Kouchner, lors de cette rencontre, « de la grande préoccupation » du gouvernement algérien sur cette affaire. M. Medelci a fait part également de la « réprobation de la partie algérienne quant à la décision annoncée par la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris confirmant la mise en examen et le maintien sous contrôle judiciaire de M. Hasseni.
Le ministre a relevé les « interférences et pressions à caractère politique et médiatique enregistrées autour de cette affaire ». Une semaine plus tard, le gouvernement algérien par la voix du ministre de la Communication, Abderrachid Boukerzaza, s’est dit convaincu que l’affaire du diplomate algérien poursuivi en France se rapproche de son « dénouement ». Le ministre avait confirmé que le diplomate avait accepté les tests ADN. « Nous sommes convaincus de sa non-culpabilité », a dit M. Boukerzaza.
Djamel B. du quotidien d'Oran



0 commentaire
|
Aucun commentaire n'a encore été posté.
