Avant de le considérer comme un problème à faire prendre en charge rapidement par l'Etat, le nombre élevé d'accidents sur nos routes, qui endeuillent au quotidien de nombreuses familles, doit être d'abord vu comme une défaillance dans notre propre comportement pour nous-mêmes.
Ce n'est pas l'Etat qui est au volant à chaque fois qu'un bus en percute un autre, qu'un taxi passe sous une semi-remorque ou qu'un autre véhicule de transport en commun dévale, avec ses passagers, falaises et ravins. A chaque fois, ce sont des hommes, des citoyens, mais à l'âge souvent insuffisant et à la conscience, plus souvent encore, mal éveillée, que ce soit pour une mission aussi délicate que celle consistant à transporter des êtres humains, ou, tout simplement, pour le fait de circuler en véhicule, qui sont responsables de l'hécatombe quasi journalière qui endeuille nos routes.
Certes, quelques tentatives ont été menées. Mais devant la persistance incompréhensible d'un tel comportement, il est clair que l'Etat se doit de prendre les mesures qui s'imposent, c'est-à-dire celles à même d'empêcher que chauffards et irresponsables continuent de faire régner sur nos routes, à travers leur propre code de conduite, le chaos, le handicap, la mort et le deuil. Les mesures à prendre devront donc être efficaces au point de faire résolument renoncer les conducteurs dangereux à leurs habitudes catastrophiques. En réalité, il s'agira, comme pour beaucoup d'autres secteurs, de faire revenir une présence longtemps défaillante de l'Etat.
Il serait faux de croire que, à elle seule, une intervention sur le plan de l'organisation des transports routiers serait apte à résoudre le problème car il s'agira, en fait, de revoir tous les aspects. Tout doit être revu, depuis les cours d'apprentissage à l'auto-école jusqu'au suivi régulier des conducteurs, en passant par des contrôles à tous les paliers et à toutes les étapes. L'objectif n'est pas, loin s'en faut, de changer les lois afin de les adapter à des mentalités mais plutôt d'agir sur des mentalités afin de leur faire toucher du doigt les catastrophes qu'elles causent à chaque fois qu'elles négligent la loi et le bon sens.
La conduite des véhicules est bien une culture et, de ce point de vue, il ne serait pas vain de déployer les moyens nécessaires. En tout cas, et ne serait-ce que pour réduire le nombre de victimes, il est aisé de comprendre que cela vaut la peine de prendre les bonnes mesures. Et tant pis si elles doivent être un peu dures car, après tout, il y est question de vie d'hommes !
Aïssa Hirèche/ Q. Oran



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