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Algérie : des mesures destinées à brider les importations
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Publié le 27/08/2009 10:15 par

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Les mesures destinées à brider les importations contenues dans la loi de finances complémentaire (LFC) ont suscité le courroux d'une partie des patrons algériens et des concessionnaires automobiles.

Certains chiffres sur le crédit à la consommation relativisent son importance et sa contribution éventuelle à la réduction de la facture des importations. Pour certains observateurs, la mesure pénalise les consommateurs algériens sans réellement participer à attirer des constructeurs automobiles à venir s'implanter en Algérie. Pour eux, les autorités, au gré des cours du pétrole et de la balance des paiements, passent du libéralisme débridé à l'hyper-contrôle. Il est vrai qu'une vision naïve a longtemps fait croire qu'une ouverture du marché entraînerait automatiquement un afflux des investisseurs étrangers. Il a fallu attendre le fameux discours du président Bouteflika pour prendre acte que cela n'est pas le cas. Depuis, même si on affirme ne pas remettre en cause «l'économie de marché», les révisions sont musclées.

 Alimentées par des projections alarmistes: le maintien du niveau actuel des importations sur fond de baisse sensible et durable du prix du pétrole ferait fondre rapidement les réserves de change. On serre donc les vis pour corriger la situation. Cela n'est pas, on l'imagine sans peine, sans inquiéter les opérateurs économiques français. Certains sont même enclins, bien à tort, à croire que les intérêts français sont spécialement ciblés.

 La lecture est simpliste, elle a été entendue dans certains forums comme celui organisé par Ubifrance les 7 et 8 juillet dernier. Il ne fait aucun doute que le gouvernement cherche à brider les importations mais pas spécialement celles qui viennent de France. La hantise de la situation de cessation de paiements de 1994 est encore présente et elle incite à prendre les devants.

 Ces mesures ont nécessairement un impact sur les flux avec la France, l'un des principaux partenaires commerciaux de l'Algérie. Et les autorités algériennes considèrent que les investissements français sont trop faibles pour justifier un traitement particulier. L'impact des mesures de la LFC sur les exportations françaises est cependant bien réel. L'Union maritime et fluviale (UMF) a alerté les responsables français au sujet d'une baisse sensible du trafic marchandises du port de Marseille vers l'Algérie. Après avoir donné des chiffres alarmants sur la baisse des activités, l'UMF a souhaité que la France «entame des négociations pour que soient trouvées des solutions intermédiaires à ces mesures radicales qui pénalisent l'Algérie comme la France».

 L'appel à des «négociations» sur les mesures prises par l'Algérie semble surréaliste, même s'il traduit une inquiétude réelle. On voit mal cependant ce qui peut être négociable. Alger a déjà renoncé à imposer de manière rétroactive l'obligation aux sociétés commerciales étrangères de céder 30% des parts.

 C'était juridiquement intenable. Les mesures prises ne vont pas aider l'Algérie - c'est un euphémisme - à entrer à l'OMC. Il semble que cela soit accepté comme un prix à payer. Négocier un vrai partenariat économique gagnant-gagnant, qui ne réduise pas l'Algérie à être un simple marché de déversement, est un vieux souhait qui est resté sans suite... Est-ce le but des mesures sévères prises au cours de l'été ?

K. Selim

 
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