ALGER, 07/12/ 2009 (SPS) La militante sahraouie des droits de l'homme, Aminetou Haidar, qui a entamé lundi sa troisième semaine de grève de la faim illimitée à l'aéroport de Lanzarote (Canaries) depuis son expulsion par le Maroc d'El Aaiun occupée, a refusé "tout soin médical". Aminetou Haidar entame sa 3e semaine de grève de la faim et refuse "tout soin médical"
La militante sahraouie a dénoncé les pressions exercées sur elle par l'Espagne pour l'amener à cesser son action au lieu de le faire sur le Maroc pour qu'elle puisse rentrer chez elle au Sahara occidental.
Elle a expliqué que sa décision a été prise suite au comportement, la veille, d'un juge d'instruction accompagné d'un médecin légiste chargé d'établir une expertise médicale pour statuer sur son sort, selon un communiqué lu par Fernando Perahita, membre de la plate-forme de soutien à Aminetou Haidar.
Mme Haidar traverse un "moment risqué" en raison de son état de santé, a fait savoir dimanche un de ses proches, ajoutant que "le danger vient de ce que sa force mentale la fait paraître mieux qu'elle n'est réellement".
"Elle traverse un moment risqué. Le danger vient de ce que sa force mentale la fait paraître mieux qu'elle n'est réellement", a-t-il averti. "Son temps est en train de s'achever. Nous ne pouvons plus parler de semaines, mais d'heures ou de jours", avait indiqué Domingo de Guzman Perez Hernandez, le médecin qui suit Mme Haidar.
Le cas de cette militante ne laisse pas indifférentes les ONG et personnalités soutenant la lutte pacifique du peuple sahraoui, qui dénoncent les multiples violations des droits de l'homme, par les autorités marocaines dans les territoires sahraouis occupés.
Il en est de l'écrivain américain et militant de la cause sahraouie, Jean Lamor, qui depuis Paris, a souligné que "le Maroc n'a cessé de prouver tout au long de l'histoire de l'invasion et de l'annexion illégale du Sahara occidental, que la violation des principes du droit international et des droits de l'homme est la base de sa politique en affaires étrangères à l'encontre du peuple sahraoui, tout comme la violation systématique des résolutions de l'ONU est la méthode pour consolider les forfaits accomplis".
Evoquant le cas de Mme Aminetou Haidar, qu'il a qualifiée de "symbole de cette lutte", il a affirmé qu'elle "incarne l'engagement pour les droits de l'homme dans sa pureté absolue".
"Je salue sa lutte suprême et je demande à la communauté internationale d'honorer le principe du "pacta sunt servanda", les accords doivent être respectés, ce qui est le fondement du droit international sur lequel repose la paix et le progrès de l'humanité", a-t-il ajouté.
De son côté, l'Union européenne s'est dite "préoccupée" par le conflit du Sahara occidental et "ses conséquences et implications régionales", exprimant dans une déclaration rendue publique mardi, à Bruxelles, "son attachement à l'amélioration de la situation des droits de l'homme au Sahara occidental".
Pendant ce temps, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, s'est réuni avec les porte-parole parlementaires pour leur demander de signer une proposition de loi dans laquelle ils exigent de Mme Haidar d'abandonner sa grève de la faim, et du Maroc "d'assumer ses responsabilités et de s'impliquer dans un problème qui est aussi humanitaire".



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