Le président des Etats-Unis, Barack Obama, est arrivé ce vendredi à 21h15 en France pour prendre part aux commémorations du 65e anniversaire du Débarquement en Normandie.
C’est véritablement le cas de le dire : Barack Obama a tenu sa promesse. En effet, depuis sa magistrale entrée à la Maison-Blanche le 20 janvier dernier, Obama a multiplié les mesures symboliques pour marquer sa ferme volonté de rupture avec les méthodes peu orthodoxes de son prédécesseur, Georges W. Bush.
De l’ordre de fermer la prison de Guantanamo à la promesse de restaurer les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman après la crispation causée par l’invasion de l’Irak et le scandale d’Abou Ghraib, le nouveau locataire de la Maison-Blanche propose un nouveau partenariat avec le monde arabe, qui n’est autre qu’une rupture avec les méthodes « de la guerre mondiale contre le terrorisme » menée par son prédécesseur.
C’est dans cette perspective que le n°1 de l’Exécutif américain a entamé depuis mercredi dernier une tournée au Proche Orient, principalement en Arabie Saoudite et en Egypte , des choix qui sont bien loin d’être le simple fait du hasard : poids lourd à l’échelle régionale, et cœur du monde musulman, l’Arabie Saoudite, fidèle parmi les fidèles de l’Oncle Sam, est également le premier exportateur mondial de pétrole, et, mieux, elle abrite plusieurs bases militaires américaines.
Quant à l’Egypte, autre allié de poids des USA, grand bénéficiaire de l’aide américaine dans la région et l’un des deux pays arabes à avoir signé un accord de paix avec Israël, c’est le pays choisi par Obama pour y prononcer un discours d’anthologie en direction du monde musulman, même si, du côté du Caire, on craint que cette marque de considération à l’égard de la patrie du président Gamal Abdel Nasser ne donne du tonus supplémentaire au dictateur Hosni Moubarak pour renforcer davantage son pouvoir autoritaire.
Et si, du côté du monde arabe, cette tournée restera à jamais gravée dans la mémoire collective, Israël de son côté fait grise mine, en ne percevant naturellement rien qui vaille dans cette tournée et, pire, redoute par-dessus tout un affaiblissement de ses relations avec la première puissance mondiale, surtout que le nouveau chef de l’Exécutif américain semble plus ferme que son prédécesseur Georges Bush à l’égard de l’Etat hébreux.
Le changement de ton est certes notable, mais encore plus importante est la volonté manifeste de la nouvelle administration américaine de s’attaquer à l’épineux dossier proche-oriental. Obama, qui semble n’avoir aucun complexe sur ses origines, rappelle à qui veut l’entendre qu’il compte des musulmans parmi les membres de sa famille et a vécu dans des pays musulmans en l’occurrence l’Indonésie, le plus grand pays mahométan de la planète.
En dépit de cela, le nouveau maître de la Maison-Blanche n’en est pas moins un médiateur honnête dans ce long conflit israélo-arabe au lieu de n’être qu’un vulgaire avocat d’Israël comme le sont bien de responsables américains. Et pourtant, être médiateur, c’est d’abord être équidistant des deux parties. C’est là également la différence entre Obama et bien de ses devanciers à la White House. Ainsi, il a affiché clairement sa volonté de rupture. Mais, ne n’oublions pas, les sables du Proche-Orient demeurent aussi mouvants. Source : Boureima Diallo/ L'Observateur



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