Barack Obama est crédité de 46% des intentions de vote au niveau national contre 43% pour John McCain. Quelles sont les raisons de son incapacité à distancer son adversaire ?
L’Amérique n’est pas au meilleur de sa forme. Son économie va mal, son armée est toujours embourbée sur le sol Irakien et l’administration actuelle est extrêmement impopulaire. L’ensemble de ces éléments réunis devraient théoriquement très largement profiter à Barack Obama. Pourtant ce dernier ne parvient pas nettement à distancer son rival. Les derniers sondages publiés en début de semaine soulignent que l’écart se réduit, lentement mais surement, entre démocrates et républicains.
Dès lors, quelles sont les raisons de son incapacité à distancer son adversaire ?
Tout d’abord, il convient de rappeler que les américains n’ont pas changé leurs priorités ces dernières semaines. Selon les dernières enquêtes d’opinion, une grande majorité d’entre eux estime qu’il est temps de fixer un agenda de retrait des troupes en Irak. De plus, selon un sondage publié mercredi par la chaine CNN, les américains font davantage confiance à Barack Obama pour relancer leur économie qu’à John McCain (54%/43% avec une marge d’erreur de 3%).
Puisque les priorités des américains demeurent inchangées, quels sont les facteurs ayant pu entrainer la diminution de la cote de popularité de Barack Obama ? Certains analystes politiques soulignent que la relative inexpérience du candidat démocrate et son âge commencent à poser des problèmes. De plus en plus de personnes se demandent s’il sera à même de préserver la sécurité intérieure du pays et à mener une politique étrangère cohérente. Il semble que les spots publicitaires de John McCain commencent à produire leur effet. Les attaques particulièrement virulentes contre le sénateur de l’Illinois depuis quelques semaines semblent avoir semé le doute chez une partie de l’opinion publique.
Le facteur racial ne doit également pas être sous-estimé. Sur ce dernier point en effet, les membres de la campagne du sénateur ignorent à quel point cet élément pourra peser en sa défaveur (ou en sa faveur) en novembre prochain.
L’équipe de campagne du candidat démocrate admet qu’un long chemin reste à faire avant l’échéance électorale. Barack Obama devra continuer à rassurer ses électeurs en dévoilant un programme cohérent et répondant précisément aux attentes de la population américaine. La Convention du parti devrait notamment lui permettre de renforcer sa stature de présidentiable.
Néanmoins, il convient de demeurer relativement prudent. Un grand nombre d’indécis pourraient faire basculer l’élection en faveur de l’un ou l’autre des prétendants. Reste à savoir lequel d’entre eux parviendra t-il à obtenir leur confiance ?
Une candidature historique
Barack Obama a décroché la nomination du parti démocrate alors qu'on ne voyait pas un noir bousculer ainsi les choses en Amérique. Car c'est la première fois qu'un Afro-américain devient le nominé d'un parti à la présidence. Le sénateur de l'Illinois aurait sans doute souhaité pouvoir célébrer ce moment avec plus d'exubérance. Cette soirée aurait dû lui appartenir. Mais pour cela, il aurait fallu qu'Hillary Clinton ait l'élégance de concéder sa défaite, ce qu'elle n'a pas fait, affirmant qu'elle ne prendrait pas de décision sur l'avenir pour l'instant.
"Je veux que le 18 millions d'électeurs qui ont voté pour moi soient respectés," a-t-elle lancé sous les applaudissements du millier de personnes rassemblées au Baruch College de New York, à Manhattan, les invitant même à donner leur avis sur son site sur ce qu'ils souhaitent la voir faire. Ce n'est pas le genre de phrase qui vont faciliter l'unité du parti.
Les supporters d'Hillary affirmeraient qu'elle souhaite une sortie honorable. "Il faudra du temps pour penser les plaies, mais elle fera tout ce qu'il faut pour unifier le parti", assurait Sheila Jackson Lee, députée du Texas, et co-présidente de la campagne d'Hillary.Dans la salle pourtant, ses nombreux fans hurlaient: "Denver!, Denver!". Rares sont ceux que j'ai interviewés qui se sont dits prêts à voter pour Obama en novembre, même si l'on sait que nombre d'entre eux réévalueront leur position d'ici quelques semaines ou quelques mois.
La journée a apporté son lot d'émotions, de hauts et de bas. Dans la matinée, AP affirmait qu'Hillary Clinton concèderait sa défaite, selon des sources proches de son entourage. Dans la demi-heure, son directeur de campagne Terry McAuliffe déclarait que cette dépêche était totalement incorrecte. Dans le même temps, une petite dizaine de superdélégués, dont l'influent député de Caroline du Sud, James Clyburn, annonçait leur ralliement à Barack Obama lui apportant du même coup la certitude qu'il obtiendrait bien le nombre de délégués nécessaires pour décrocher la nomination le jour même.
Les deux candidats se sont partagés les deux derniers scrutins de la journée. Hillary Clinton a remporté le Dakota du Sud (55%-45% après dépouillement de 99% des bulletins)) et Barack Obama a gagné le Montana (58%-40% après dépouillement de 51% des bulletins). Dès la fermeture des bureaux de vote au Dakota du Sud, les chaînes de télévision déclarait Obama le nominé probable du parti démocrate.
La fin du clintonisme
Sous la pression de ses propres supporters, de plusieurs sénateurs et de représentants au Congrès pressés de panser les plaies du parti démocrate, Hillary Clinton avait finalement jeté l'éponge. Son retrait signale la fin d'une époque pour le parti démocrate celle de la dominance de Bill Clinton sur le parti et du clintonisme.
McCain veut y croire
John McCain avait prononcé un discours prophétique sur ce que sera l'Amérique en 2013 après 4ans sous son administration. Le discours vaut le détour. je vous en offre quelques extraits traduits librement:
"En janvier 2013, l'Amérique accueillera le retour de la plupart des hommes et des femmes sous le drapeau qui auront tant sacrifié pour que l'Amérique vive sûre et libre. La guerre en Irak a été gagnée. L'Irak est une démocratie, même si elle souffre encore des effets persistants de décennies de tyrannie et de siècles de tensions sectaires. Des éclats de violence ont encore lieu, mais de manière sporadiques et moins fréquentes. La guerre civile a été évitée; les milices démantelées; les forces de sécurité irakiennes sont professionelles et compétentes; Al Qaeda en irak a été battu; et le gouvernement irakien est en mesure d'imposer son autorité dasn toutes les provinces du pays et de défendre ses frontières. Les Etats-Unis y maintiennent une présence militaire, mais de petite taille et ne jouent pas un rôle offensif direct.
La menace d'une résurgence des Talibans en Afghanistan a été singulièrement réduite mais pas éliminée. Les forces américaines et celles de l'OTAN sont toujours en place pour terminer leur mission et continuent leurs opérations contre ce qu'il reste d'Al Qaeda. Le gouvernement du Pakistan a coopéré avec les Etats-Unis et adapté avec succès des tactiques contre-insurrectionnelles qui ont si bien fonctionné en Irak et en Afghanistan, dans ses régions tribales hors-la-loi où les combattants d'Al Qaeda sont basés.
L'amélioration des sources de renseignements de la contre-insurrection aura permis l'arrestation ou la mort d'Osama Ben Laden, et de ses principaux lieutenants. Il n'y a aucun endroit au monde où Al Qaeda peut se considérer en sécurité. La coopération accrue entre les Etats-Unis et ses alliés dans l'utilisation concertée des forces armées, de la diplomatie et des pressions économiques, et les réformes des moyens des services de renseignements américains, ont démantelé les réseaux terroristes et empêché des attentats à travers le monde. Il n'y a toujours pas eu d'attaques terroristes sur sol américain depuis septembre 2001"
Et cela continue sur le même ton pour la menace nucléaire, qui aura été écartée, notamment en Iran et en Corée du Nord. Le risque de voir du matériel nucléaire tomber dans les mains de terroristes sera grandement réduit. La taille de l'armée américaine est considérablement augmentée, le Soudan aura accepté une force multinationale au Darfour grâce à la pression diplomatique et économique d'une Nouvelle Ligue des Démocraties (car l'ONU aura échoué bien sûr). Encouragée pas ce succès, cette NLD aura lancé des croisades à travers le monde pour faire cesser les violations des droits de l'homme et la traite des êtres humains.
L'Amérique doit choisir entre un Noir et un Vieillard. Barack Obama est tout de même bien parti pour l'emporter.
Sources: REU et West Wing



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