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Bouclier fiscal. Le Président résiste. Pour combien de temps ?
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Publié le 01/04/2010 11:12 par

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Photo : Le bouclier fiscal est aussi un débat sur l’identité nationale
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Lorsque le gouvernement a lancé le débat sur l'identité nationale, il ne savait pas que ce débat lui reviendrait sous une autre forme ; sous la forme de cette question : "Quelle Nation voulons nous construire ?" Une nation où les riches semblent surprotégés par un bouclier fiscal alors que les autres prennent la crise en plein visage ? Dominique de Villepin a enfoncé le clou en prônant l'option d'une "Nation Solidaire".

Où est la solidarité lorsque les écarts de salaires varient de 1 à 230 ? Où est la solidarité lorsque les cadeaux fiscaux sont faits à certaines professions ; creusant encore plus le déficit budgétaire. Exemple, la défiscalisation des heures supplémentaires a coûté 4 milliards à l'Etat. La baisse de la TVA dans la restauration la même chose, voire plus.

Pendant ce temps-là, le plan Banlieue de 1 milliard n'a pas pu trouver financement.  Le gouvernement apparaît donc comme privilégiant certaines catégories et délaissant d'autres. Point de solidarité en vue.

Certains disent que Dominique de Villepin est l'auteur de ce bouclier fiscal instauré en 2006, par son gouvernement. A son instauration, il était à 60 % et Nicolas Sarkozy l'a ramené à 50 % des revenus. Vous savez ce qu'on dit sur ceux qui ne changent pas d'avis. D'autre part, la crise a changé la donne politique, économique et sociale. Alors, la pression se fait plus forte sur cet avantage fiscal. Les mêmes ajoutent que l'Etat ne perd pas grand chose avec le bouclier fiscal ; quelques 500 millions c'est tout. Raison de plus, si cela est vrai, de la supprimer, puisque c'est un cadeau qui ne profite à personne, mais qui intoxique le plus grand nombre.

Bouclier fiscal : c'est l'heure du choix

Au bout du compte, le bouclier fiscal a tout d'un cadeau politique. Et c'est en cela qu'il est symbolique parce qu'il est exemplaire de la critique de Dominique de Villepin sur la primauté du calcul politique sur l'efficacité politique. La preuve, après le lourd échec des régionales, la réponse attendue était au minimum un remaniement en profondeur pour répondre à cette contestation de fond. Au lieu de quoi, on a préféré un "remaniement cosmétique", belle formule du  parti socialiste, remaniement cosmétique mâtiné de calcul politique : recadrage à droite et au centre droit. Ce recadrage n'est pas un changement de cap mais de matelots.

Pour le moment, c'est  l'impasse. Le dos rond permet de gagner du temps. Mais, sur la durée, la question restera d'actualité et risque de plomber la seconde moitié du mandat présidentiel, si ce n'est déjà fait. C'est l'heure du choix : carboniser le bouclier fiscal ou s'y brûler.

Par Elise Mbock

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