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Bové, Hulot, et Cohn-Bendit pour une alliance écologique
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Publié le 25/08/2008 03:03 par Angela Corrigan

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Photo : Bové
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            (Continental News)

C'était l'euphorie, ce week-end, aux Journées d'été des Verts de Toulouse. « Les gens étaient heureux. On n'avait pas ressenti une telle envie depuis longtemps », commentait Gérard Onesta, régional de l'étape et vice-président (Verts) du Parlement européen. Lui, qui est prêt à laisser sa place de tête de liste dans la région Sud-Ouest à José Bové - si le projet débattu depuis avant-hier voit le jour -, était vraiment satisfait que l'idée de constituer des listes communes aux Verts, aux associatifs proches de Nicolas Hulot et aux amis de José Bové, ait rencontré un tel écho chez les militants.

Les Verts, étrillés à l'élection présidentielle et, dans une moindre mesure, aux législatives, et qui ont « sauvé les meubles » aux municipales, attendent de renouer avec la dynamique du succès.
Sans doute par impatience d'en arriver au cœur de la question, le débat entre les futurs alliés qui était prévu hier soir avait été avancé à jeudi soir, Jean-Paul Besset, un proche de Nicolas Hulot, remplaçant au pied levé son message enregistré. L'enthousiasme était tel que ce débat, prévu dans un amphi secondaire de l'université des sciences sociales, avait dû déménager dans la plus grande salle du lieu, avec la participation de près de 1 000 personnes.


« J'aime la bagarre ». Rebelote hier, au même endroit, où des militants déchaînés ont applaudi à tout rompre José Bové, François Alfonsi, le leader régionaliste corse, et la vedette du jour, Daniel Cohn-Bendit. Le message de Nicolas Hulot, qui a reconnu que l'économie de marché n'était pas compatible avec l'écologie et qui a appelé à plus de régulation, a été accueilli avec un certain soulagement, car c'est bien ce que les Verts voulaient entendre. Son mot pour se plaindre d'un des ministres qu'il fréquente souvent a beaucoup plu : « Il m'a répondu, je suis à moitié convaincu. »
Selon José Bové, « il ne s'agit pas de faire un casting, mais d'être d'accord sur un programme ». Une objection que Daniel Cohn-Bendit balaie d'un effet dont il a le secret : « José, tu as une personnalité que je veux dans le casting. » Il n'avait pas pour autant cédé grand-chose au militant de la désobéissance civile, en le ramenant aux réalités de la politique européenne où il se meut comme un poisson dans l'eau. Quels que soient les succès d'une liste écologique en France, même à 15 % des suffrages, jamais elle ne pourra imposer ses choix : « Il faut savoir débattre, pas pour éliminer l'autre, mais pour aller quelque part avec lui », estimait-il dans une grande envolée. L'ancien leader de Mai 68 n'a rien perdu de sa verve et de son enthousiasme. « Je suis content, j'aime la politique, j'aime la bagarre, j'aime le débat. »

Applaudimètre à confirmer. La secrétaire nationale, qui s'est récemment ralliée à l'idée de listes communes, citait Michel Rocard : « Le compromis, c'est l'essence de la démocratie. » Même Dominique Voynet, qui était au départ plutôt favorable à une union de la gauche, repartie hier soir, avait donné son accord. Gérard Chausset, vice-président de la Communauté urbaine de Bordeaux, le reconnaissait : « Il y a eu un premier test, celui de l'applaudimètre. Maintenant, nous devons trouver les mots pour nous adresser à la réalité concrète de la société française. Ce sera l'occasion de régénérer le courant de l'écologie politique. » Pour Michel Daverat, président du groupe des Verts au Conseil régional d'Aquitaine, plutôt favorable à la « refondation » de l'écologie défendue par Yves Cochet, la journée d'hier était une sorte de « préfiguration » de ses souhaits.
Maintenant, les Verts ont du pain sur la planche. « L'applaudimètre » devra être confirmé par un conseil national dans quinze jours et par l'assemblée générale en novembre. Il faudra ensuite mettre en place « des comités dans toute la France », comme le disait Daniel Cohn-Bendit. Et c'est là que peut surgir le diable que Noël Mamère souhaite conjurer.

 

Source: Sud Ouest

 
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