Le Polisario dénonce "la complicité" de l’Espagne dans l’expulsion de Mme Haidar d’El Aaiun
Alger, 14/11/2009 (SPS) Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, M. Mohamed Salem Ould Salek, a dénoncé "la complicité" la décision du Gouvernement espagnol de recevoir la militante sahraouie des droits de l'homme, Mme Aminetou Haidar, expulsée par les autorités marocaines d’El Aaiun vers l'île Lanzarote (Archipel espagnol des îles Canaries) qu’il a qualifié d'"acte grave", a-t-on appris samedi de sources diplomatiques sahraouies.
"Nous dénonçons fermement la complicité de l'Espagne avec les autorités marocaines, si cette dernière avait donné son accord pour recevoir Mme Haidar dans ses territoires", a-t-il déclaré.
M. Ould Salek a demandé à l'Espagne d'"assumer toutes ses responsabilités", rappelant, à cet égard, qu'aucun pays ne peut recevoir un expulsé sans son accord au préalable.
A son arrivée à l'aéroport de cette île, Mme Haidar a refusé de descendre de l'avion en signe de protestation contre cette décision "contraire" au droit humanitaire international, a-t-on indiqué.
Avant d'être expulsée, la célèbre militante sahraouie des droits de l'homme avait été arrêtée vendredi à l'aéroport d'El Aaiun, la capitale sahraouie occupée, ainsi que deux journalistes indépendants espagnols, Pedro Barbadillo et Pedro Guillen, qui l'accompagnaient, à son retour de New York où elle avait reçu le ''Prix du courage civil", décernée par la Fondation John-Train pour sa "résistance pacifique au Sahara occidental".
Mme Haidar, 42 ans, souvent appelée la "Gandhi sahraouie", fait partie des plus éminents défenseurs des droits de l'homme au Sahara occidental. Elle est reconnue pour sa campagne courageuse pour l'autodétermination du Sahara occidental occupé par le Maroc et contre les disparitions forcées et les abus commis sur les prisonniers d'opinion.
Mère de deux enfants et titulaire d'un baccalauréat en littérature moderne, elle a été parmi les 700 manifestants pacifiques arrêtés pour avoir participé à un rassemblement en faveur du référendum d'autodétermination.
Plus tard, elle disparaît sans inculpation ni jugement et détenue pendant quatre ans dans des centres de détention secrets, où elle et dix-sept autres femmes sahraouies ont été torturées.
Depuis lors, Mme Haidar a parcouru le monde pour sensibiliser l'opinion internationale sur les violations marocaines des droits humains au Sahara occidental et plaider pour le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Lauréate de plusieurs prix internationaux, elle a reçu notamment le Prix Robert F. Kennedy 2008 des droits de l'homme, le Prix Silver Rose (Autriche, 2007), le Prix Juan Maria Bandres Human Rights (Espagne, 2006) et le Prix Andreï Sakharov pour les droits de l'homme.




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