A moins de considérer que le verdict d'extradition rendu par la justice britannique dans l'affaire Khalifa comme dicté par la raison d'Etat, il faut bien reconnaître que les raisons invoquées par le juge Timothy Workman font litière de certaines accusations formulées à l'encontre des autorités algériennes par certains milieux nationaux et internationaux.
Le juge britannique a en effet affirmé avoir pris sa décision parce que estimant qu'il n'existe aucune preuve étayant la théorie du règlement de comptes impliquant les plus hautes autorités algériennes tel que cela fut soutenu par ces cercles politico-médiatiques et adopté comme ligne de défense par les avocats de Rafik Khalifa. Que n'a-t-il pas été dit et écrit pour effectivement présenter ces autorités algériennes en tant que maître d'œuvre du prétendu complot qui aurait conduit l'empire Khalifa à sa perte.
La justice britannique, dont l'indépendance à l'égard du pouvoir politique ne souffre d'aucune ambiguïté, aurait certainement refusé la demande d'extradition algérienne si elle avait eu le moindre soupçon de preuve que les ennuis de l'ex-golden boy avec la justice de son pays découlent de l'acharnement à son encontre pour des raisons contrevenant aux principes du droit britannique. Il est une autre accusation dont la justice britannique a récusé le bien-fondé. Celle qui a voulu accréditer la menace de maltraitance ou de liquidation encourue par Rafik Khalifa en cas de son transfert vers son pays d'origine. Pour ce faire, le juge Timothy Workman s'est déclaré «convaincu que les assurances diplomatiques qu'il a reçues de la part de l'Algérie quant au respect des droits de Khalifa étaient à la fois fiables et de toute bonne foi», ajoutant qu'après son retour en Algérie, celui-ci «aurait droit à un nouveau procès suffisamment équitable et dans un délai raisonnable».
Les détracteurs du pouvoir algérien persisteront à n'en point douter dans l'affirmation du complot. Raison donc pour que les autorités s'en tiennent au respect des assurances et engagements qu'elles ont donnés à la justice britannique. Cela en permettant à la justice algérienne de conduire le second procès de l'ex-golden boy sans interférence et injonction de la sphère politique. Toute autre façon de faire plomberait définitivement le crédit international de cette justice et rendrait irrecevables ses demandes d'extradition liées à d'autres affaires, qu'elles soient sécuritaires ou de nature économico-financières. Ce qui serait le plus grand service à rendre aux personnes qui, pour ces raisons, ont fui le pays ou le feront après avoir commis leurs crimes et délits.
C'est peu dire donc que ce cas Khalifa constituera un test de la volonté de l'Algérie à promouvoir l'Etat de droit qui bannit la justice au fonctionnement basé sur les règlements de comptes. Pour sûr donc que le second procès de l'ex-magnat algérien sera suivi et disséqué à la loupe par les chancelleries étrangères mais aussi par une opinion publique nationale qui ne veut plus qu'on lui fasse prendre les «vessies pour des lanternes».
Kharroubi Habib



0 commentaire
|
Aucun commentaire n'a encore été posté.
