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Fin des Etats Généraux de la sécurité à l'Ecole. Débat d'experts.
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Publié le 08/04/2010 16:26 par

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Photo : Violences scolaires. Les avis de Philippe Meirieu et de Luc Ferry
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Comment lutter contre la violence à l’Ecole ? Question posée depuis hier aux Etats Généraux de la sécurité à l’Ecole qui se terminent aujourd’hui à la Sorbonne. La violence à l’Ecole, a-t-on tout essayé ou presque ? A entendre Philippe Meirieu et Luc Ferry en débattre sur France Inter ce matin, visiblement non. Pourtant, ça fait longtemps que tout le monde en parle et que les bonnes solutions sont écartées au profit des mauvaises. Voici les deux points de vue.

L’analyse de Luc Ferry, Agrégé de Philosophie, ancien Ministre de l’Education Nationale.

Pourquoi les enfants sont-ils violents à l’Ecole ? Hypothèse de l’ancien Ministre de l’Education Nationale : on est violent à l’école lorsqu’on n’y réussit pas : l’échec scolaire engendre la violence scolaire. Un enfant constamment en échec finit par se révolter contre le système. Il faut absolument tout faire pour que chaque enfant réussisse quelque chose à l’école. Il y a d’autres voies comme la professionnalisation, la découverte des métiers. Je l’ai fait lorsque j’étais Ministre et je vous assure que ça marche, dit le Ministre. Il faut mettre en place de véritables filières professionnelles où les élèves viendraient non pas par défaut mais par un choix positif. Le problème c’est qu’il va falloir revaloriser ces filières professionnelles et créer des Ecoles d’excellence sur le modèle de nos Grandes Ecoles. Exemple : les chantiers navals peuvent être une grande filière professionnelle.

Le deuxième point soulevé par le Ministre c’est qu’il va falloir "revenir aux fondamentaux", c’est-à-dire retrouver les vertus de l’Autorité et des Savoirs. Il y a eu mai 68 qui proposait une déconstruction des formes de l’autorité. Sous les pavés, il n’y avait pas la plage mais le capitalisme. Au 20ème siècle, c’est la Bourgeoisie avec l’aide des Bohèmes qui a gagné. A cela s’ajoute l’ère de la consommation qui prône le tout ludique. Il faut rétablir les vertus de l’Autorité et des savoirs et sortir de la méthode pédagogo.

Alors l’ecole ringardisée par les pédagogo (bourgeois et bohèmes réunis) ?

Bien sûr que non, répond Philippe Meirieu. Enseignant à l’Université Lumière Lyon 2 et Vice-Président Europe-Ecologie chargé de la formation à la Région Rhône-Alpes.

L’analyse sociologique de Philippe Meirieu est celle-ci. Le nouveau capitalisme pulsionnel de la satisfaction immédiate sans efforts est incompatible avec les études. "Le pulsionnel est partout" et il faut travailler sur comment "recréer la capacité d’attention et inverser la dispersion". La pédagogie de proximité, le travail par petits groupes sont des moyens qui permettent cela. C’est le premier point.

Deuxième point. Il faut mettre fin au capharnaüm absolu de la juxtaposition des heures de cours. Moins d’heures de cours et plus de travail en équipes. Autour de quel projet unificateur ? La part des salaires dans l’Education Nationale est passée de 94% à 99,2 %. Ce sont les petits budgets pédagogiques participatifs qui ont été supprimés au profit des heures de cours. Aujourd’hui, un enfant passe 4 à 5 heures devant Internet. Il faut une pédagogie nouvelle.

Les parents ont-ils une place à l’école ?

Plutôt non, pour Luc Ferry, sauf dans le cadre d’un conseil de la vie scolaire. Claude Allègre avait proposé la création de deux conseils au sein des établissements : un conseil scientifique et pédagogique où l’enseignant est souverain et un conseil vie scolaire. Chacun doit rester dans son rôle. C’est pourquoi le Ministre est contre l’idée de la suppression des allocations familiales pour punir l’absentéisme. En gros, pas d’intrusion des familles dans la pédagogie.

Plutôt oui, pour Philippe Meirieu. De toutes façons, précise-t-il, les parents d’élèves finissent par se venger de l’école de l’extérieur en jouant sur la carte scolaire. D’intrusifs ils deviennent zappeurs et vont chercher un accueil bienveillant ailleurs.

Le temps de présence des enseignants à l’Ecole doit-il être augmenté ?

Luc Ferry. Si vous augmentez ce temps de présence, ils s’en iront. Déjà on note une crise de vocation de 18%. Demandez à un professeur de biologie ou de mathématiques qui a un BAC plus 5 de rester 25/30 heures à l’école, il ira voir ailleurs.

Philippe Meirieu. La question est moins la durée de la présence que l’emploi de ce temps de présence. De toutes façons, il faudrait déjà commencer par résoudre une contradiction de l’éducation dans les affectations. Les généralistes sont affectés à des opérations à cœur ouvert pendant que les spécialistes traitent les grippes. En clair, si on affectait déjà les personnes compétentes et expérimentées dans les endroits où leur présence est utile, on avancerait sur la question. C’est un contresens permanent que cette affectation des plus jeunes enseignants dans les zones difficiles, ZEP et territoires défavorisés et les plus anciens dans des zones dites ZEN sortes de centres scolaires de thalasso.

A-t-on le profil des enfants violents à l’école ? Pas vraiment. Dommage, car c’est la relation Ecole et société qui est ainsi perdue. Et pourtant, la violence scolaire ne commence pas à l’entrée de l’établissement scolaire le matin pour s’y arrêter à la sortie en fin d’après midi et reprendre le lendemain matin au même lieu (portail de l’école) et à la même heure (heure d’entrée dans l’établissement).

Suite de l'article ici : l'école reste un sanctuaire. Mais à quel prix ?

Elise Mbock

 
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