Créée en novembre 2008, par mes soins et celles de quelques camarades, l'association des kabyles de France, connue sous le nom de '"ASKAF", commence peu à peu à voir son travail payer.
Si cette association a suscité la méfiance ou l'indifférence lors de sa création, pour des raisons d'incompréhension de notre projet, son travail commence peu à peu à être compris, à défaut d'être reconnu.
L'ASKAF milite depuis des mois pour l'édification d'une communauté kabyle hexagonale forte, influente et capable de peser dans le débat politique et sur la scène politico-médiatique. Cette condition est nécessaire à la prise en compte par les pouvoirs publics de la spécificité kabyle, de son indépendance vis-à-vis de la communauté arabo-musulmane, à laquelle nous sommes toujours assimilés par l'opinion publique et médiatique.
Ce processus, qui consiste à faire accepter aux kabyles, installés en France et visiblement peu enclin à en sortir, leur dimension française, permettra enfin de voir émerger sur le terrain du débat politique des personnalités d'origine kabyles et qui l'assument. Car c'est cela qui manque. Des gens qui défendent leur kabylité face à la pression arabo-musulmane, peu encline à voir les kabyles échapper à son emprise.
Le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, crée en 2001 et dont certains militants nous sont tombés dessus à bras raccourcis, commence enfin à comprendre l'intérêt de la démarche et semble vouloir se l'approprier.
Ainsi Ferhat Mehenni, dans une interview récente (http://mak.makabylie.info/Construction-d-un-etat-Kabyle-Les,00659), a enfin reconnu l'importance d'organiser les communautés kabyles de l'étranger. Même s'il attribue la paternité de la démarche à ses amis de la C.A.B.I.L (les ex-ACB, qu'il connait bien) ou a d'autres groupement qui lui sont proches (on est jamais mieux servis que par soi-même !), l'important est que la démarche soit reconnue.
L'ASKAF trace donc un sillon que suivent les autres organisations kabyles après pourtant avoir affirmé leur hostilité à notre égard. La preuve que nous avons bien fait de persévérer dans notre initiative, indépendamment des critiques qui ont pu fuser. Ce qui crée une confusion dans le regard qu'on porte sur notre organisation, c'est son indépendance totale. Ainsi l'ASKAF peut critiquer n'importe quelle organisation si elle estime que ses initiatives vont dans le mauvais sens.
Le patron du MAK en France s'est également récemment intéressé à la culture kabyle en France et aux kabyles de France (http://mak.makabylie.info/L-identite-kabyle-en-France,00637). Mieux vaut tard que jamais.
L'association des kabyles de Belgique (ASKAB) et des kabyles de Suisse ont été crée dans le sillage de l'ASKAF. L'association des jeunes kabyles de France (AJKF) a été créee sur le modèle de l'ASKAF ! Il est intéressant de constater à quel point la création de notre structure a crée des vocations !
Nous répétons que le rôle des organisations installées sur le territoire français est de faire en sorte que la communauté kabyle existe en France et devienne enfin une force de proposition et un enjeu électoral.
Nous sommes en 2010 et les kabyles n'existent toujours pas, ni en Algérie, ni en France. Le constat d'échec des organisations politiques et culturelles kabyles est donc flagrant. Ce sont pourtant ces mêmes organisations qui prétendent, avec les mêmes hommes, qui prétendent prendre en charge la représentation des Kabyles...
Si la création récente de l'ASKAF, qui a fait bougé les lignes et permis enfin de mettre en lumière l'importance de cette communauté kabyle de France, laissée à l'abandon et à laquelle on attribuait le seul rôle de supplétifs des antennes françaises d'organisations algériennes, a enfin permis aux organisations plus anciennes de se remettre en question, et bien cela aura été un travail bénéfique.
L'ASKAF continuera à se battre pour sortir la culture kabyle des mains de,ceux qui l'ont folklorisé. Ne pas parler de l'ASKAF mais reprendre ses idées est déjà la preuve de notre réussite. Mais également de l'esprit malsain de concurrence qui règne dans certaines organisations.
Arezki BAKIR




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