Cela fait maintenant une trentaine d’années que les relations entre ces deux Etats, si l’on peut encore parler de relations, sont tendues. Les Etats-Unis et l’Iran des ayatollahs n’avaient jamais, ô grand jamais, pu s’entendre sur quoi que ce soit, au point que de part et d’autre de la galaxie qui les sépare, on avait toujours affublé l’autre de mille et uns noms d’oiseaux, l’assimilant la plupart du temps au mal incarné… au diable lui-même. Et ces dernières années, la question du nucléaire iranien n’avait rien arrangé à tout cela, bien au contraire !
Sauf qu’entre-temps, Barack Obama est arrivé à la Maison- Blanche avec pour slogan le désormais proverbial « Yes we can ! », oui nous le pouvons ! Et c’est sans doute grâce à cette formule magique qu’il a offert, vendredi dernier, de surmonter la désormais traditionnelle hostilité entre les deux Etats pour parvenir à une ébauche de dialogue.
Des plus inattendues, cette main tendue du diable américain laisse pour le moment les dirigeants iraniens plutôt sceptiques…il faut les comprendre. Yes we can ! Contre toute attente, l’Amérique d’Obama a tendu la main à sa vieille ennemie perse. Reste à espérer que des actes concrets suivront ces paroles pleines d’espoir.
Nouveau-Mexique Exécuter coûte plus cher
Ceux qui suivent l’actualité le savent, le gouverneur de l’Etat étasunien du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, vient de promulguer l’abolition de la peine de mort ; donnant ainsi la preuve que, n’eût été son jet d’éponge pour les suspicions de pot-de-vin pesant sur lui dans une enquête, il eût pu être un excellent secrétaire d’Etat au Commerce (ou ministre du Commerce, si on préfère) de Barack Obama, car un commerçant, ça pense avant tout voire seulement économies et bénéfices ; donc, puisque la peine capitale engendre des frais ou des coûts à nulle autre pareils, depuis la commission d’office d’un avocat (pauvreté de la grande clientèle, noire, de la justice américaine oblige) en passant par les appels, contre-appels, reconstitution (s) des faits et contre-enquêtes, recours à la Cour de cassation, au besoin à la Cour Suprême puis, finalement, à la grâce présidentielle, les avocats les plus teigneux n’arrêtant pas d’épuiser la procédure jusqu’au bout avant qu’ils obtiennent la satisfaction d’avoir sauvé la tête de leur client, coupable ou pas à leurs propres yeux, dans le tréfond de leur conscience. Comme quoi l’Eglise catholique, qui a inventé "l’avocat du diable", n’a pas eu tort de le faire.
Résultat de toutes ces courses juridico-judiciaires : si, après ou en raison de cette longue marche de Mao, pourtant impossible en Chine même, le condamné doit encore attendre des dizaines d’années durant dans les dédales, les labyrinthes du couloir de la mort, tout cela, aux frais du contribuable... Passe encore en situation ordinaire, forte culture du châtiment et de la vengeance obligeant plus que le respect des droits de l’homme.
Mais en situation de cataclysme financier, n’est-ce pas la valeur culturelle, plus forte, du rapport marchand coûts/ profits qui est la réponse américaine à la question philosophique de la préséance de l’œuf ou de la poule (autrement dit, qui vient avant qui ?) Cela est d’autant plus représentatif des Etats-Unis que, cerise sur le gâteau des droits-de-l’hommistes, ce n’est pas moins de neuf autres Etats américains qui projetteraient de s’engouffrer dans cette brèche ouverte par le Nouveau-Mexique, et que, là-bas, si "Même Dieu est une idée dont on sert" selon leurs philosophes, ce n’est pas de la suppression de la peine de mort qu’on ne fera pas usage... pour économiser.
La droit-de-l’hommiste interrogée par RFI sur la question n’a pas eu tort de dire que si elle et Cie regrettent la prise en compte de critères simplement économiques plutôt que moraux, ethiques, humanitaires dans cette suppression de la peine de mort au Nouveau-Mexique, pour autant, ils ne boudent pas leur plaisir face à sa survenue.
Ce ne sont pas les sociologues qui le leur reprocheront, eux qui, statistiques à l’appui, n’ont cessé de dénoncer la trop grande disproportionnalité, antiscientifique, des condamnations à mort des Noirs par rapport à leur importance numérique réelle au sein de la population américaine. Comme quoi, si "ce que femme veut, Dieu le veut, mais ce que Dieu veut femme s’en fout", ce que la Divinité Suprême veut, même l’Amérique finit par le vouloir.
Rabi Mitbkèta de l'Observateur



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