Le monde entier souffre de l'Obamania. Si Barack Obama parvient à s'installer à la Maison Blanche, sa tâche la plus dure sera de ne pas décevoir les espoirs suscités.
Les interrogations sur le programme de Barack Obama dans la campagne des primaires démocrates ont alimenté la presse durant les premiers mois de campagne. Réflexe des médias qui se seraient laissés trop facilement séduire par l’enchaînement des victoires d’un candidat donné perdant au départ et devenu charismatique ? En fait, ces critiques s'apparentent plutôt à un bilan nuancé de la stratégie en communication déployée par son équipe de campagne.
Le phénomène Obama repose sur une sacralisation de la candidature du sénateur de l’Illinois. L'une des options prise est celle de l'ascension politique pour faire connaître son nom, comme en témoignent les clips diffusés sur les chaînes de télévision. La mise en scène dans les meetings et autres rencontres avec le public ainsi que les discours rassembleurs ont également participé à rendre incontournable le nom d’Obama. Le caractère assez ouvert du programme lui permet de rassembler au-delà du camp démocrate, touchant les électeurs indépendants, voire certains électeurs républicains, c’est-à-dire, le vote des électeurs capable d’apporter la victoire.
Axelrod et son équipe reprennent des procédés qui ont déjà fait leur preuve. En effet, le directeur de campagne est un consultant politique expérimenté. Il possède un palmarès solide. Il a contribué à faire élire de nombreuses personnalités politiques. Parmi elles, figurent plusieurs des rivaux actuels d'Obama, notamment Hillary Clinton, qu'il a aidée à accéder au Sénat en 2000, et John Edwards, dont il fut le porte-parole en 2004. Mais on relève surtout de nombreux élus afro-américains, tel Harold Washington, le premier maire noir de Chicago, et surtout Patrick Deval, le premier gouverneur noir du Massachusetts. Les accusations de plagias d’anciens discours par Oboma ne sont donc pas fortuits ; ces reprises sont issues du même maestro et s’appuient sur un thème récurrent des campagnes présidentielles. Le mot d’ordre « change » s’inscrit également dans l’histoire des campagnes démocrates. Il fait référence et s’inspire de la campagne de JFK en 1960 articulée autour de « La nouvelle frontière », slogan tardivement signifié par le candidat et continuant à marquer les esprits américains.
Si Barack Obama parvient à s'installer à la Maison Blanche, sa tâche la plus dure sera de ne pas décevoir les espoirs suscités.
La véritable rupture se situera à la Maison Blanche. Changement de « dynastie » au bureau oval. Après les ères Bush père, Clinton époux, Bush fils, le nom d’Obama serait peut-être préférable pour le bon fonctionnement de la démocratie américaine, à celui de Clinton épouse ?
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