L'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Christopher Ross, est arrivé samedi au Maroc dans le cadre d'une nouvelle tournée dans la région qui l'a conduit successivement à Alger, Tindouf et Nouakchott. Le diplomate onusien s'est déjà rendu dans la région il y a quelques mois et a annoncé dans ce cadre son intention de changer de méthode de travail, notamment en privilégiant -à tout le moins dans un premier temps- des contacts restreints, avant de relancer la négociation élargie. Quatre rounds se sont déroulés à Manhasset (New York) et ont réuni les représentants du Royaume du Maroc, du polisario et indirectement de l'Algérie et de la Mauritanie.
Ces négociations devaient en principe entrer dans le vif du sujet, mais le polisario s'y est d'autant moins prêté, qu'il a cherché à entraver le processus des Nations unies par des campagnes hostiles et mensongères sur de prétendues violations des droits de l'Homme au Sahara. Appuyé dans sa propagande par le gouvernement algérien, il a fait feu de tout bois. Au niveau de la 4e Commission notamment où il a cru mobiliser des troupes acquises autrefois à sa «cause». Non seulement les Nations unies, à travers l'ensemble de leurs instances se sont refusées à verser dans cette direction, mais elles ont confirmé, par la voix de plusieurs de leurs responsables, leur volonté de mettre en œuvre les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité, notamment la 1871 votée à l'unanimité le 30 avril dernier de ses membres et qui prescrit la négociation politique comme la seule solution plausible.
La mission de Christopher Ross s'inscrit donc dans ce cadre tracé par le Conseil de sécurité, en adéquation totale avec l'esprit imprimé à la négociation, à savoir la sincérité et la bonne foi. Jusqu'ici, le polisario ne semble pas avoir adhéré à ce principe et plutôt que de s'inscrire dans la démarche de l'ONU, il préfère la combattre implicitement mais sûrement. Pendant trente-cinq ans, en effet, il s'est employé à entraver les efforts de la communauté internationale en vue d'un règlement définitif de la question du Sahara. Maintenant que l'ONU prend directement en main le dossier, après avoir imposé un accord de cessez-le-feu en 1991, après avoir aussi plus ou moins tenté d'organiser un référendum, l'organisation mondiale ne peut se résoudre à l'échec de toutes les solutions envisagées, elle impose aux parties la négociation politique.
Or, s'il est une négociation politique plausible, l'autonomie régionale proposée par le Maroc en offre les modalités, le cadre politique et juridique, enfin l'esprit et l'avenir.
La communauté mondiale a pris en compte la proposition du Royaume du Maroc relative à un règlement juste et durable. Responsables américains, européens, arabes, africains et autres se sont employés à apporter leur ferme soutien au projet d'autonomie, parce qu'il est crédible et équitable.
Le dernier témoignage nous vient du révérend américain Richard Cizik qui vient de visiter les provinces du Sud et de déclarer «que l'initiative marocaine d'accorder une large autonomie aux provinces du Sud constitue une solution privilégiée qu'il faut saisir pour résoudre définitivement la question du Sahara».
«Cette proposition, qui pose les jalons d'une solution durable pour la question du Sahara, souligne-t-il, peut servir de modèle pour le règlement d'autres conflits dans le monde». L'autonomie est donc prise comme modèle, l'exemple même qui suscite une adhésion irréversible des pays de la communauté internationale.
Christopher Ross, Envoyé personnel de M. Ban Ki-moon, peut à notre avis fonder son approche sur la volonté du Maroc de parvenir à une solution négociée, consensuelle, juste et durable. Pendant des années, les efforts de la communauté mondiale se sont épuisés dans les sables mouvants de la turpitude d'un polisario transformé en bras armé de la propagande et de l'hégémonisme du gouvernement algérien. Une série de tentatives de règlements ont toutes été essayées, elles se sont heurtées au cynisme du polisario et de ses protecteurs. Elles ont mis à bas les espérances des peuples de la région, y compris le peuple algérien, et bloqué ainsi les perspectives d'avenir du Maghreb demeuré une coquille vide, tout au plus un mirage.
Christopher Ross, investi d'une mission de règlement dans la région, devrait prendre acte de la volonté du Royaume de régler coûte que coûte la question du Sahara marocain, sur la base de la légalité et de la démocratie. Or, l'autonomie constitue le seul recours, l'unique voie de règlement parce qu'elle implique derechef la mise en œuvre du concept d'autodétermination que réclame le polisario.



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