Le peu d'empressement des autorités françaises à l'égard d'Abdelaziz Ziari est révélateur du «coup de froid» que traversent les rapports algéro-français. Ils sont moins nombreux en effet les officiels français d'importance à venir à Alger depuis la visite d'Etat faite dans notre pays par le président Nicolas Sarkozy, et alors que celle que doit lui rendre Abdelaziz Bouteflika serait, semble-t-il, toujours en préparation.
En Algérie, le moindre officiel français, un petit secrétaire d'Etat, ou le plus obscur parlementaire est assuré de rencontrer les principaux responsables de l'Etat et de l'institution parlementaire quand il arrive en visite à Alger. Le plus souvent, l'égard est couronné par une audience présidentielle. La réciproque de traitement n'est pas respectée par Paris, où les représentants officiels algériens sont accueillis sans battage médiatique et dans une discrétion qui ne fait place qu'à des rencontres imposées par l'objet de leur visite.
C'est ainsi que Abdelaziz Ziari, qui, en tant que président de l'Assemblée populaire nationale, est en fait protocolairement le troisième personnage de la République, n'a eu droit durant sa visite dans la capitale française qu'à la rencontre avec son homologue français Bernard Accoyer.
Dans le contexte de relations algéro-françaises passablement «chahutées», la subtilité diplomatique, cherchant à les calmer, aurait voulu que le président de l'APN soit reçu pendant son séjour par d'autres personnalités françaises, en plus de son homologue. Des ministres de premier plan du gouvernement, le Premier ministre François Fillon lui-même, sinon le président de la République Nicolas Sarkozy.
Le fait que Ziari se soit rendu à Paris pour coprésider avec le président de l'Assemblée nationale française l'installation de la grande commission parlementaire algéro-française ne dispensait pas le protocole français d'entourer sa visite d'égards significatifs dus à son statut de troisième personnage de l'Etat algérien.
Il est fort étonnant que ce soit la partie algérienne qui ait voulu que la visite du président de l'APN à Paris se déroule dans l'indifférence que lui ont marquée les autorités gouvernementales françaises. Leur peu d'empressement à son égard est plutôt révélateur du «coup de froid» que traversent les rapports algéro-français. Ils sont moins nombreux en effet les officiels français d'importance à venir à Alger depuis la visite d'Etat faite dans notre pays par le président Nicolas Sarkozy, et alors que celle que doit lui rendre Abdelaziz Bouteflika serait, semble-t-il, toujours en préparation.
Sans aller jusqu'à affirmer que les officiels des deux rives de la Méditerranée se boudent, l'on constate tout de même que leurs contacts ont perdu toute chaleur et se limitent au strict minimum qui empêche que l'on y voit de la rupture.
Le protocole algérien, si empressé à faire de la moindre visite dans notre pays d'un représentant de la France officielle un évènement, devrait s'abstenir d'en faire trop dans ce genre de circonstance. Il n'est pas de raison qui justifie que celui de l'Etat français n'en fasse pas autant à l'égard de nos représentants et que même le président de l'Assemblée nationale n'ait pas bénéficié de plus d'attention qu'il en a eu lors de son séjour dans la capitale française.
Kharroubi Habib



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